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Le vélo, un médicament efficace et économique

A  Paris, le 22 août 2023.

Dix mille pas et plus. Les marchands de vélos pourraient-ils concurrencer les pharmaciens ? Une nouvelle étude française en atteste, la petite reine est un médicament très efficace pour prévenir des maladies chroniques et réduire la mortalité prématurée, avec des économies substantielles pour l’Assurance-maladie et la collectivité.

Et, dans notre pays où la culture vélo est encore relativement faible, il suffirait d’un report modal de 25 % des trajets courts de moins de cinq kilomètres de la voiture vers la bicyclette pour approximativement doubler les bénéfices, selon un travail coordonné par Kévin Jean, maître de conférences en épidémiologie au Conservatoire national des arts et métiers, et l’économiste Philippe Quirion, directeur de recherche au CNRS. L’article, sous presse dans la revue Lancet Regional Health Europe, est déjà accessible en preprint.

Il y a quelques mois, ces chercheurs avaient montré qu’un développement modeste des deux moyens de transport actifs que sont le vélo et la marche pourrait prévenir 10 000 morts prématurées par an en France et générer 34 milliards d’euros d’économies, à partir de 2045.

Lire la chronique de Sandrine Cabut : Article réservé à nos abonnés Les transports « actifs », à pied ou à vélo, bons pour la planète, la santé et l’économie

Cette fois, ils se sont attelés à estimer dans quelle mesure la bicyclette peut contribuer à la promotion de la santé dans un pays où sa pratique est limitée (proportion des trajets effectués à vélo inférieure à 3 %, quand elle est supérieure à 15 % au Danemark et aux Pays-Bas). Pour cela, ils sont partis de l’enquête « Mobilité des personnes » de 2019, dernière édition de cette étude décennale de l’Insee, menée auprès de 14 000 personnes.

Cette année-là, avant l’épidémie de Covid-19 donc, la distance moyenne parcourue quotidiennement à vélo s’élevait à 0,32 kilomètre chez les adultes de 20 à 89 ans, soit un temps moyen passé sur l’engin de 1 minute et 17 secondes, avec de gros écarts selon les tranches d’âge et le sexe. Précisions importantes : à tous les âges, la proportion de cyclistes était bien plus faible chez les femmes. Par ailleurs, en 2019, les vélos électriques ne représentaient que 6 % des kilomètres parcourus.

Des bénéfices sanitaires

Sur la base de ces pratiques modestes, l’équipe a calculé que ce sont tout de même près de 2 000 décès prématurés qui ont ainsi été évités cette année-là, et pas loin de 6 000 maladies chroniques. Au total, cinq pathologies (cancers du sein et du côlon, démence, diabète, maladies cardio-vasculaires), pour lesquelles il y a un lien très fort avec l’activité physique, ont été prises en compte.

La maladie chronique avec le plus grand nombre de cas évités était le diabète de type 2 (3 743 cas), suivi par les pathologies cardio-vasculaires (1 578 cas). « Ces bénéfices sanitaires pourraient être sous-estimés, car nous n’avons pas pu inclure des pathologies comme la dépression, où les bienfaits de l’activité physique sont aussi prouvés », souligne Kévin Jean.

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