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Edouard Philippe déplore que la France « ne réforme pas grand-chose » et s’inquiète de l’état des finances publiques

Le maire du Havre et ancien premier ministre, Edouard Philippe, à Paris le 7 février 2024.

L’ancien premier ministre Edouard Philippe a regretté lundi 26 février que la France « ne réforme pas grand-chose », dans un entretien à L’Opinion où il s’inquiète de l’état des finances publiques et appelle à considérer la dette comme une « obsession politique ».

« En 2017, le président de la République disait beaucoup, et j’étais d’accord, que, quitte à dépenser, il fallait réformer massivement. Aujourd’hui, le problème, c’est qu’on ne réforme pas grand-chose », a épinglé le maire du Havre et patron du parti Horizons auprès du quotidien, alors que le gouvernement vient d’abaisser la prévision de croissance pour 2024 et d’annoncer 10 milliards d’euros d’économies.

« Il faut commencer à se guérir de la tentation de tout résoudre à coups de chèques à plusieurs centaines de millions d’euros, voire milliards d’euros, dès qu’un problème survient », a repris le candidat pressenti à la prochaine présidentielle, qui cache de moins en moins ses ambitions, quitte à se démarquer du discours de l’exécutif et du président de la République, Emmanuel Macron.

La dette comme « obsession politique »

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a dévoilé ces derniers jours des mesures d’économies à hauteur de 10 milliards d’euros pour tenir les objectifs de réduction du déficit à 4,4 % du PIB, après avoir ramené la prévision de croissance pour 2024 à 1 %. La dette publique s’élève à plus de 3 000 milliards d’euros au 3e trimestre 2023, selon l’Insee, contre environ 2 200 milliards à la fin de 2017.

« Les Français peuvent avoir l’impression que, au fond, nous n’aurons jamais à rembourser la dette. C’est une idée très dangereuse », a alerté le patron du parti Horizons. « La dette, ce n’est pas une obsession d’expert-comptable. Ce doit être une obsession politique, parce que lorsqu’on la laisse filer on perd progressivement sa souveraineté. »

Tout en préférant la notion de « sérieux » budgétaire plutôt que de « rigueur », ce dernier a dit vouloir « repren[dre] le travail de transformation de l’Etat » et « renonc[er] à des actions inutiles ou inefficaces ».

Un discours audible pour un candidat ? « On peut gagner une élection en disant la vérité, y compris quand elle est difficile à entendre », a répondu l’ex-locataire de Matignon. « C’est une chose que les Français savent reconnaître. »

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Le Monde avec AFP

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