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En ville, les parkings font de la résistance

En ce 4 février, David Belliard, adjoint (Europe Ecologie-Les Verts) chargé des mobilités et de la voirie à la Mairie de Paris, exulte : les Parisiens ont voté en faveur d’un tarif majoré pour le stationnement des véhicules lourds, les SUV, 4 × 4 et berlines, en bordure de la voie publique. « On veut que les gens qui ont ces très grosses voitures aillent en sous-sol », ponctue l’élu sur le plateau de BFM-TV. Prière, donc, d’utiliser un parking public payant. « L’objectif d’un nombre croissant de métropoles est de contenir leur nombre dans l’espace public et de se débarrasser des voitures “ventouses” qui l’encombrent à l’année », développe Jean-François Esnault, directeur de l’activité stationnement du groupe Flowbird pour la France, qui va gérer la plate-forme à Lyon, ville pionnière sur le sujet.

La chasse aux voitures dans les grandes villes sonne-t-elle la fin d’un âge d’or pour leurs alliés, les parcs de stationnement ? En réalité, les acteurs de ce marché ont fait une force d’un nombre croissant de contraintes. Les majorations votées à Paris et à Lyon ? Plutôt une bonne nouvelle, car ils ont des places en sous-sol et en étages pour les automobilistes les plus encombrants, et à des tarifs qui deviennent donc plus attractifs. « Les parcs en ouvrage [souterrains, en élévation ou en enclos] conservent une tarification identique pour tous les véhicules et disposent de capacités pour accueillir cette clientèle », confirme Jean-Laurent Dirx, président de la Fédération nationale des métiers du stationnement (FNMS) et du groupe de parkings SAGS. En outre, certaines normes ont eu un effet d’aubaine.

Adoptée en 2014, la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, dite « loi Maptam », a provoqué une petite révolution après l’entrée en vigueur, en 2018, du volet qui a permis à quelque 800 collectivités de dépénaliser et de décentraliser le stationnement payant sur voirie. Beaucoup ont délégué la surveillance et l’encaissement des « forfaits de post-stationnement », qui remplacent les amendes, à un quatuor constitué d’Indigo, Q-Park, Transdev et SAGS.

Surtout, la chasse aux voitures en voirie est loin d’être terminée. Sur quelque 800 000 places en ouvrage, près de 575 000 occupent toujours la bordure des voies de circulation. Cet espace public est ainsi accaparé à 80 % pour servir les besoins des automobilistes. « C’est l’éléphant dans la pièce sur un territoire de plus en plus disputé, voitures thermiques ou pas », décrit Emmanuel Perrin, directeur de projet stratégie et services de mobilité au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), qui accompagne les collectivités vers la transition écologique.

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