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Près de Montpellier, un tiers-lieu environnemental et ses vingt-sept salariés menacés d’expulsion

Le tiers-lieu Macondo, à Montarnaud (Hérault), le 20 février 2024.

Le site est niché dans la garrigue à l’ouest de Montpellier. Au bout d’un chemin rocailleux, on découvre des constructions en bois imposantes : sur sept hectares, trois bâtiments abritent un atelier de 1 500 m2 et 500 m2 de bureaux. A l’extérieur, quelques chaises autour d’une bobine de chantier reconvertie en table pour un coin café. Ici sont rassemblées les activités de huit organisations, quatre associations et quatre coopératives, sous une structure chapeau, Macondo, le nom que le Prix Nobel de littérature colombien Gabriel Garcia Marquez a donné au village mythique de son roman Cent ans de solitude.

Devant le bâtiment principal, sur un panneau d’affichage, sont épinglés les logos de ceux qui ont, à un moment ou à un autre, soutenu le projet : la région Occitanie, la métropole de Montpellier. Et même l’Etat par l’intermédiaire de différentes structures, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie à Bpifrance, la banque publique d’investissement.

Au total, Macondo a reçu en six ans près d’un million d’euros de subventions, qui lui ont permis de construire les bâtiments, d’acheter un minibus, de concevoir et d’équiper l’atelier collectif de menuiserie. Dernier succès en date : fin 2023, Macondo a reçu le label « Manufacture de proximité » accordé par l’Etat via l’agence nationale de la cohésion des territoires. A la clé, 250 000 euros. Aujourd’hui, vingt-sept personnes sont employées sur le site et les jeunes qui viennent s’y former trouvent facilement du travail dans le secteur en plein développement des métiers de la construction écologique.

Remise en cause du permis de construire

Tout a pourtant commencé de manière modeste. Au début des années 2000, le site du Mas Dieu, sur cette commune de Montarnaud (4 000 habitants), est pressenti pour accueillir le centre de stockage des déchets ultimes de la communauté d’agglomération de Montpellier. Les élus du territoire se battent pour qu’il n’en soit rien, mettent en valeur le respect des paysages, parlent d’installer un berger, de faire des chemins de randonnées… Des ombrières photovoltaïques y sont installées.

Finalement, Benjamin Clouet, créateur de la SCOP Ecosec, qui fabrique des toilettes sèches, arrive en 2018 avec le projet Macondo, qui regroupe plusieurs structures, apportant ainsi une réponse alliant économie et prise en compte des enjeux environnementaux. La mairie, alors dirigée par Gérard Cabello (PCF), signe en 2020 un bail à construction de trente-deux ans, qui permet à Macondo de s’installer contre la promesse de tout rétrocéder à la mairie à terme. Les soutiens accourent pour aider ce projet dans l’air du temps.

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