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Prix planchers dans l’agriculture : la gauche crie victoire

Les députées « insoumises » de Haute-Vienne et de Seine-Saint-Denis Manon Meunier et Aurélie Trouvé, et l’eurodéputée « insoumise » Manon Aubry, au Salon de l’agriculture, à Paris, le 26 février 2024.

Après Emmanuel Macron, hué samedi, malgré l’annonce de « prix planchers » pour protéger les revenus agricoles, et après Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, déambulant tranquillement, dimanche, la gauche a, à son tour, été à la rencontre des exploitants et des syndicats au Salon international de l’agriculture, lundi 26 février, à Paris. Entre les vaches et les produits du terroir, « insoumis » et socialistes partageaient un même air de victoire.

Le 30 novembre 2023, une proposition de loi de La France insoumise (LFI) instaurant une « négociation interprofessionnelle sur les prix qui fixe annuellement un niveau plancher de prix d’achat des matières premières agricoles aux producteurs » avait, en effet, été rejetée à six voix près à l’Assemblée nationale.

Alors, dans la foulée des déclarations du chef de l’Etat évoquant l’instauration de « prix planchers », la cheffe de file des écologistes, Marine Tondelier, a estimé dès samedi que la gauche avait fait avancer la « bataille culturelle ». « Emmanuel Macron se rend compte que nous avions raison », a-t-elle clamé sur Franceinfo.

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Même si le gouvernement se défend de toute parenté avec le texte « insoumis », qualifié de proposition « soviétique » par le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, et sa ministre déléguée, Agnès Pannier-Runacher, quand le chef du gouvernement, Gabriel Attal, estimait quant à lui ce week-end que l’agriculture ne doit pas être « l’URSS ».

Protectionnisme assumé

En réalité, dans les couloirs du salon, nombre d’acteurs du monde agricole, sceptiques quant à la portée des annonces d’Emmanuel Macron, ont demandé aux « insoumis » des éclaircissements. « Vous qui avez fait le projet de loi, vous pouvez être plus précis ? », a cherché à savoir Christian Convers, secrétaire général de la Coordination rurale, auprès de la députée européenne Manon Aubry. Las, la cheffe de file de LFI aux élections européennes n’y voit pas plus clair. Dans la matinée, elle a fustigé « un président qui vient faire des annonces sans qu’on sache si les prix planchers sont au niveau français ou européen ! ».

Favorable à terme à une harmonisation européenne, LFI défend à court terme des prix planchers français, assortis d’un protectionnisme assumé, et d’une révision de tous les accords de libre-échange, pour que ces produits français, plus chers, ne se retrouvent plus systématiquement en concurrence avec d’autres denrées européennes ou hors Union européenne.

Députée (LFI) de Seine-Saint-Denis et ingénieure agronome, Aurélie Trouvé estime que la clause de sauvegarde définie par l’Organisation mondiale du commerce, comme des mesures « d’urgence » en cas d’importations qui « causent ou menacent de causer un dommage grave à la branche de production nationale », permet tout à fait de légiférer. « Ce n’est pas un Frexit, les dispositions légales existent », assure-t-elle.

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