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Atos : fin des discussions avec Daniel Kretinsky

Il ne restait plus grand monde pour croire encore à un accord. Le fil est officiellement rompu. Atos a annoncé, mercredi 28 février, la fin des négociations exclusives avec l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky pour lui vendre sa division d’infogérance Tech Foundations. « Les deux parties ne sont pas parvenues à un accord mutuel satisfaisant », explique le groupe d’informatique, ajoutant que la décision a été prise d’un « commun accord » et n’entraînera pas le paiement d’une indemnité.

Atos était entré en discussion avec EP Equity Investment (EPEI), le fonds d’investissement de Daniel Kretinsky, le 1er août 2023. Objectif : lui céder Tech Foundations, activité jugée déclinante, pour se concentrer sur le développement prometteur de la division de cybersécurité et de conseil, Eviden. Mais rien ne s’est passé comme prévu : des actionnaires d’Atos se sont rapidement émus des conditions financières de l’opération négociées avec EPEI, jugées trop favorables, alors qu’ils auraient été appelés, dans le même temps, à remettre la main à la poche, à travers une augmentation de capital, pour donner plus de moyens financiers à Eviden ; le cours de Bourse d’Atos s’est effondré (– 75 % depuis le 1er août) ; et la gouvernance du groupe a volé en éclats. En moins de sept mois, Atos a changé une fois de président et trois fois de directeur général.

L’arrivée à la présidence, le 16 octobre, de Jean-Pierre Mustier, en remplacement de Bertrand Meunier, a contribué à tendre un peu plus les discussions, l’ancien directeur général de la banque italienne Unicredit tentant de rééquilibrer les conditions de l’accord au profit d’Atos. Mais, dur en affaires, Daniel Kretinsky n’était pas prêt à céder trop de terrain. La ligne s’est rapidement brouillée. Dans le camp du milliardaire tchèque, on se demandait si la direction d’Atos avait réellement envie de trouver un accord : en plein cœur des discussions, Jean-Pierre Mustier s’était absenté plusieurs jours en janvier pour une traversée de l’océan Atlantique à la voile. Par la suite, malgré quelques tentatives de relance, le dialogue n’a jamais véritablement repris, mais aucune des deux parties ne souhaitait prendre la responsabilité de l’échec.

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L’officialisation de la rupture a le mérite de clarifier la situation, mais elle laisse Atos dans une situation financière toujours aussi inquiétante pour ses 100 000 salariés et ses clients. Alors que le groupe d’informatique a demandé, le 5 février, que soit nommé un mandataire pour l’aider à renégocier sa dette avec ses banques, il a annoncé, mercredi 28 février le report de la publication de ses résultats annuels, initialement attendus jeudi 29 février, à la demande de ses commissaires aux comptes.

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