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La coupe de 742 millions d’euros dans la solidarité internationale : « Une révocation inacceptable de la loi de programmation de 2021 et des engagements présidentiels »

En juin 2023, Emmanuel Macron s’est engagé devant un parterre de chefs d’Etat et de gouvernement à augmenter l’aide publique au développement. Or, l’annonce faite le 18 février 2024 par le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, d’une coupe de 742 millions d’euros dans le budget de la solidarité internationale est une révocation inacceptable de la loi de programmation de 2021 pour la solidarité internationale et des engagements présidentiels.

Ce revirement envoie un signal incompréhensible au reste du monde : la France est-elle en train de rebrousser chemin, de se soustraire à sa responsabilité envers la solidarité internationale ? Le président veut-il aller à rebours de la loi qu’il a lui-même engagée et promulguée en août 2021, après son adoption à l’unanimité par les groupes parlementaires et prévoyant une augmentation drastique des financements ?

L’annonce d’une coupe budgétaire est un retour en arrière sur les engagements proclamés par le président Macron. Cette décision remet en question les principes de justice et de solidarité, ternit la réputation de la France à l’international et, plus grave encore, met en péril des vies humaines.

Fragilité de la France à l’international

Derrière ces chiffres se cachent des réalités souvent oubliées, celles de populations qui n’ont pas accès à des services essentiels. Cette coupe acte l’annulation de multiples projets qui auraient permis de répondre aux crises humanitaires et climatiques, de promouvoir l’égalité de genre, de garantir la protection des droits humains, de l’environnement et la biodiversité ; d’assurer un accès à l’eau, la santé, l’alimentation, la protection sociale et l’éducation, ou de soutenir les sociétés civiles dans les pays pauvres.

La France, en réduisant ses engagements financiers, fragilise sa place sur la scène internationale. Emmanuel Macron devrait être un défenseur des sociétés civiles et du multilatéralisme, mais il affaiblit par cette décision les organisations qui assurent la paix, tentent de garantir un accès universel aux services essentiels, et amenuise la réponse à la multiplication des crises humanitaires et climatiques que notre planète traverse aujourd’hui.

Comment peut-on espérer construire un monde en paix si nous laissons prospérer la pauvreté, les souffrances et les inégalités ? Monsieur le président de la République, remettez en question cette décision et réaffirmez votre engagement envers la solidarité internationale !

Les signataires de cette tribune : Véronique Andrieux, directrice générale de WWF France ;
Frédéric Apollin, directeur général d’Agronomes et vétérinaires sans frontières ; Patrick Bertrand, directeur exécutif d’Action Santé mondiale ; Olivier Bruyeron, président de la Coordination SUD ; Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France ; Kevin Goldberg, directeur général de Solidarités International ; Thierry Mauricet, directeur général de Première Urgence internationale ; Jean-Marc Pradelle, président de GRDR-Migration, citoyenneté, développement ; Florence Rigal, médecin et présidente de Médecins du monde ; Jean-Maurice Ripert, président international de Plan international France

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