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IVG dans la Constitution : Ce serait « une avancée historique pour la France, un signal puissant envoyé à l’Europe et au monde »

Pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, chaque génération a ses batailles. Il y a presque cinquante ans, la génération de Simone Veil [1927-2017] et de Gisèle Halimi [1927-2020] a conquis de longue lutte la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse [IVG].

Aujourd’hui, il est de la responsabilité de notre génération de l’ériger au rang de liberté fondamentale en l’inscrivant dans la Constitution française. Et demain, dans ce même élan, de défendre son inscription dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Alors que le Sénat, où la droite est majoritaire et qui compte 64 % d’hommes, aura à se prononcer ce 28 février sur la constitutionnalisation de l’IVG, l’enjeu est de garantir du mieux que l’on peut la liberté des femmes à disposer de leur corps, à choisir d’être mère, de ne pas l’être, ou de l’être plus tard.

On ne change pas la Constitution comme on change la loi. Y inscrire la liberté de recourir à l’avortement, c’est protéger les femmes françaises de ce qui pourrait advenir, des changements d’équilibres politiques, qui ailleurs ont conduit à une régression de leurs libertés.

On pensait que c’était impossible. Pourtant, aux Etats-Unis, depuis la révocation de l’arrêt Roe vs Wade de 1973 par la Cour suprême en 2022, une femme américaine sur trois en âge de tomber enceinte vit dans un Etat qui interdit l’IVG. Il faut aussi rappeler qu’à Malte, l’avortement est interdit, qu’en Hongrie, un récent décret impose d’écouter battre le cœur du fœtus, qu’en Italie, l’accès à l’IVG est particulièrement difficile, qu’en Pologne, il n’est plus possible qu’en cas de malformation du fœtus, de viol, ou de danger pour la mère. Lorsqu’ils ne remettent pas directement en cause le droit à l’IVG, les partis d’extrême droite multiplient les mesures susceptibles de le limiter.

Fausses informations et propagande

En France, le Rassemblement national [RN] qui s’est récemment opposé à l’allongement du délai légal pour pratiquer l’IVG est en tête des sondages aux élections européennes.

Ceux qui soutiennent, comme la députée RN Pascale Bordes, qu’une telle modification de la Constitution serait « inutile » se trompent. En matière de droit des femmes, il est des symboles qui comptent et qui demain peuvent servir de remparts. Attendre que le droit à l’avortement soit effectivement menacé, c’est attendre qu’il soit trop tard pour le constitutionnaliser.

C’est aussi nier que l’accès à l’avortement connaît des entraves, parmi lesquelles figure le sentiment de honte alimenté par les fausses informations et la propagande des mouvements anti-choix. Elever le recours à l’interruption volontaire de grossesse au rang de liberté fondamentale, c’est aussi cela : c’est redire avec force aux femmes françaises qu’elles sont libres de choisir. Aux femmes françaises et aux autres.

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