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Le métro parisien ne s’arrêtera plus pour des malaises de voyageurs, qui seront désormais pris en charge sur le quai

Une rame de métro à la station Gare-de-l’Est, à Paris, le 7 mars 2023.

Le principal syndicat de conducteurs de la RATP a fait part de sa vive désapprobation après l’annonce de Valérie Pécresse sur la fin de l’obligation pour les métros de s’arrêter en cas de malaise d’un voyageur jusqu’à l’arrivée des secours, un changement pourtant soutenu par le SAMU. « Sur les malaises voyageurs, nous avons une doctrine qui est absurde, qui n’est pas celle de Londres, pas celle de Tokyo », a déclaré mercredi 27 février Valérie Pécresse, qui préside l’autorité des transports Ile-de-France Mobilités (IDFM).

« Quand quelqu’un s’évanouit dans le métro, au lieu de le sortir de la rame pour le faire respirer, on le garde comme s’il avait eu un choc d’accident de la route, on le met en PLS [position latérale de sécurité], on arrête la rame et on attend que les secours arrivent », a-t-elle précisé. Désormais, « pour les malaises voyageurs nous n’arrêterons plus les rames de métro », et les personnes pourront être déplacées sur le quai en attendant les secours, s’est-elle réjouie.

Le SAMU de Paris et les sapeurs-pompiers de Paris ont eux-mêmes approuvé ce changement de doctrine, a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Patrick Pelloux, médecin urgentiste au SAMU de Paris. Les deux services de secours ont envoyé à la RATP un courrier, dans lequel ils expliquent que « le principe de non-évacuation sur le quai d’un voyageur pris de malaise n’est pas un gage de préservation de sa santé et de sa sécurité », a précisé M. Pelloux.

Ils recommandent qu’« en cas de malaise » d’un voyageur, « il soit procédé par toute personne présente sur place à l’évacuation de la personne malade, que celle-ci soit consciente ou inconsciente, sur le quai où le train est stationné ». Cette doctrine ne s’applique pas dans des « cas de traumatologie » comme un accident ou un attentat, a par ailleurs déclaré M. Pelloux à l’AFP.

Force ouvrière opposée à toute obligation

Pour FO-RATP, syndicat numéro un chez les conducteurs du métro, la mise en œuvre de ces principes traduit « une réorientation des tâches, anxiogène, déshumanisante et dévalorisante ». « C’est une posture politique qui répond à des injonctions de production pour les Jeux olympiques et paralympiques et qui à terme vise à mettre en difficulté professionnelle les agents de la RATP », a déploré FO-RATP dans un tract.

« Si le malaise n’est pas traité correctement ou que la personne décède, ce n’est sûrement pas Mme Pécresse qui sera en garde à vue !, s’est inquiété le syndicat. Nous n’accepterons aucune obligation, ni remise en cause de notre droit de porter assistance. »

Du côté d’IDFM, on assure qu’un dialogue social est en cours pour discuter des modalités de la mesure. Ce dialogue doit ensuite se décliner ligne par ligne au mois de mars, pour une mise en place en juin, « avant les Jeux olympiques ». Une échéance confirmée par la RATP, qui assure que les formations « de l’ensemble des conducteurs de métro et de RER, ainsi que des agents des gares et stations » vont commencer d’ici quelques semaines.

Les transports parisiens sont un enjeu important dans la perspective des Jeux olympiques, dont les organisateurs ont pour ambition de proposer à 100 % des spectateurs une offre de transports publics pour se rendre sur les sites de compétition. IDFM cherche à améliorer la qualité de service, alors que plus de 10 millions de spectateurs sont attendus pendant toute la durée de la compétition.

Le Monde avec AFP

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