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Masculin, féminin… Le cerveau a-t-il un sexe ?

C’est un sujet inflammable, donc à aborder avec des pincettes. Une équipe de chercheurs de l’université Stanford (Californie) a choisi de se pencher sur le cerveau en se posant la question d’éventuelles différences entre les hommes et les femmes. Ils en ont trouvé. Leur étude, publiée dans la revue PNAS du 20 février, ne manquera pas de faire réagir.

Il fut un temps, pas si lointain, où des chercheurs ayant pignon sur rue affirmaient que l’homme était supérieur à la femme car le volume de son cerveau l’était. Jusqu’à ce qu’on comprenne que le volume de la boîte crânienne est proportionnel à la taille du corps… Or, un homme toisant 1,95 mètre n’est pas plus intelligent qu’un autre sous prétexte qu’il mesure 20 centimètres de plus. CQFD.

Cette fois, des chercheurs des départements de sciences comportementales, de neurosciences et de l’intelligence artificielle centrée sur l’homme de l’université californienne n’ont pas eu une approche aussi grossière. Exit les comparaisons morphologiques ! Ils se sont intéressés à l’organisation fonctionnelle de notre matière grise, pas à la forme ni à la taille de ses différentes parties. Leur conclusion est explicite : « Notre étude fournit des preuves irréfutables de l’existence de différences sexuelles reproductibles et généralisables dans l’organisation fonctionnelle du cerveau humain. » Selon les auteurs, « ces caractéristiques cérébrales prédisent des profils cognitifs uniques chez les femmes et les hommes, ce qui démontre leur importance sur le plan comportemental ».

Des différences identifiées

Comment sont-ils arrivés à de telles affirmations ? Leur matériau de base a été constitué d’IRM fonctionnelles (IRMf) de quelque 1 500 individus des deux sexes âgés de 20 ans à 35 ans. Cette technique d’imagerie, permettant de visualiser de façon indirecte l’activité du cerveau, a été utilisée sur le réseau du mode par défaut, autrement dit les régions actives lorsqu’on ne fait rien et que notre attention n’est pas sollicitée. « C’est ce que fait le cerveau quand l’esprit vagabonde entre associations d’idées et souvenirs, par exemple. Cette activité au repos est la signature de notre cerveau », explique Sylvie Chokron, directrice de recherche au CNRS et au laboratoire Psychologie de la perception (université Paris-Descartes), contributrice régulière au Monde.

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Pour étudier ce matériau, l’équipe américaine a développé un modèle de réseau neuronal profond spatio-temporel (stDNN) qu’elle qualifie d’intelligence artificielle (IA) explicable, par opposition aux boîtes noires que constituent certaines IA. Entraînée sur environ un millier de cas, cette IA a ensuite été confrontée à d’autres IRMf.

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