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Devant l’Assemblée nationale, l’état-major et les vedettes de CNews et C8 défendent leur ligne éditoriale et plaident « des erreurs ou des maladresses »

Pascal Praud, Sonia Mabrouk et Laurence Ferrari, avant leur audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, à Paris, le 29 février 2024.

Ce débat-là les exaspère. « Nous recevoir pour une journée entière d’audition quand TF1, Altice, NRJ Group ou M6 l’ont été pour deux heures en moyenne interroge sur l’impartialité de vos travaux », s’est inquiété d’emblée Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+, devant les députés de la commission d’enquête sur l’attribution, le contenu et le contrôle des autorisations de la télévision numérique terrestre (TNT). « C’est un réquisitoire plus qu’une question », a plusieurs fois remarqué Serge Nedjar, le patron de CNews, agacé par les critiques des parlementaires. « Un vrai procès stalinien », résume l’un des autres barons de la chaîne, en sortant d’une matinée de questions-réponses assez tendues.

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Mais enfin, les voilà, ces dirigeants et vedettes des médias Bolloré qui, depuis quelques années, alimentent le brouhaha politique, en surfant des obsessions identitaires d’Eric Zemmour aux règlements de compte de Cyril Hanouna. Ils sont venus à quinze pour tenir tout au long de la journée ces quelque neuf heures d’audition. « Une armée mexicaine », a ironisé le rapporteur de la commission, Aurélien Saintoul (La France insoumise, Hauts-de-Seine).

Mais l’enjeu est de taille. Alors que l’Arcom doit réattribuer, dans quelques mois, la quinzaine de fréquences de la TNT, les médias Bolloré sont dans le viseur. Ils le sont d’autant plus que le 13 février, le Conseil d’Etat a demandé à l’Arcom de réexaminer le respect par CNews de ses obligations en matière de pluralisme. Accréditant le reproche qui est fait à la chaîne de Vincent Bolloré de ne composer que des plateaux penchant nettement à l’extrême droite.

« Vincent Bolloré, je ne le croise quasiment jamais »

Le groupe a donc dépêché pour se succéder devant la quinzaine de députés présents, les grands patrons de Canal+, CNews et C8 ainsi que trois de ses têtes d’affiche, Pascal Praud, Sonia Mabrouk et Laurence Ferrari. Les 13 et 14 mars, la commission parlementaire auditionnera de surcroît Vincent Bolloré lui-même, puis Cyril Hanouna. Il s’agit d’assurer que CNews et C8 ne sont pas seulement des chaînes d’opinion au service de l’idéologie réactionnaire de leur propriétaire. Et de répondre aux parlementaires de la commission présents dont la moitié (presque toujours des élus du RN ou des Républicains) ont déjà fréquenté ses plateaux quand l’autre moitié (élus Renaissance ou Nupes) refuse haut et fort d’y mettre les pieds.

C’est d’abord sur Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+, que s’ouvre le feu des questions de la commission, dont plusieurs membres – comme Laurent Jacobelli et Philippe Ballard (Rassemblement national), Karl Olive (Les Républicains) ou Aymeric Caron (app. LFI) – sont d’anciens journalistes ou cadres de l’audiovisuel :

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