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Au Salon de l’agriculture, la cheffe de file écologiste, Marine Tondelier, tente de renouer le lien avec la profession

Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, visite une ferme à Bourges, le 20 février.

Accroupie dans le hall 1 du Parc des expositions de la porte de Versailles, vendredi 1er mars, Marine Tondelier caresse la vache Oreillette, couchée dans la paille. « Elle est bien stoïque, cette vache », plaisante la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), armée de son inamovible sourire, alors que l’égérie du Salon international de l’agriculture supporte depuis huit jours le passage des politiques. La cheffe de file des écologistes boucle là son premier rendez-vous d’une journée consacrée à la reconquête des agriculteurs, une profession en crise hostile à une formation politique souvent perçue comme donneuse de leçons.

« On marche sur des œufs », admet la députée de la Drôme Marie Pochon, présente dans la délégation aux côtés de Marie Toussaint, tête de liste aux européennes, de Cyrielle Chatelain, la présidente du groupe à l’Assemblée nationale, et de l’eurodéputé Benoît Biteau, agriculteur de son état, qui joue les guides de la grand-messe annuelle parisienne.

Il manque à l’appel l’une des figures les plus connues du parti, la députée de Paris Sandrine Rousseau. Officiellement, seuls des élus en lien avec le monde rural ont été conviés. A moins que les organisateurs n’aient pas jugé utile d’inviter celle qui aurait sans doute perturbé le rendez-vous. Deux jours plus tôt, dans l’émission « Quotidien » sur TMC, l’encombrante écologiste mettait une nouvelle fois son parti en difficulté, en certifiant qu’elle ne se rendrait pas dans le fameux hall 1, où « les animaux sont épuisés », parqués « dans le bruit et des enclos trop petits ». « Ils prennent des médicaments pour être calmés », ajoutait-elle.

« Les éleveurs, les animaux, c’est leur fierté »

Des déclarations qui ont obligé les écologistes à se justifier. Benoît Biteau s’est collé à la tâche. Bien sûr, le salon n’est pas « le moment que préfèrent les animaux », a-t-il admis, mais « on ne peut pas non plus parler de maltraitance animale ». « Les éleveurs, les animaux, c’est leur fierté », a-t-il rappelé. Dans les travées du salon, Marine Tondelier et sa délégation n’ont pas eu à pâtir des derniers propos de leur collègue et ont déambulé tranquillement. Probablement parce que leurs visages restent inconnus du grand public. Sur leur passage, tout le monde se demandait qui étaient ces gens poursuivis par les caméras.

Ce vendredi, pas question de prendre à rebrousse-poil une profession sous tension. Plutôt que d’inviter à « diminuer la viande », car « c’est bon pour votre santé et bon pour la planète », comme l’avait encore suggéré Sandrine Rousseau deux jours plus tôt, Marine Tondelier, Marie Toussaint ou Benoît Biteau évoquent ce qu’ils considèrent être des points de convergence avec le monde agricole. A tous leurs interlocuteurs, ils rappellent leur opposition aux traités de libre-échange, leur combat pour les prix planchers, la généralisation de la commande publique ou encore leur volonté de réformer la politique agricole commune.

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