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Face au Rassemblement national, le « en même temps » d’Emmanuel Macron

Marine Le Pen, à Paris, le 29 février 2024.

Comme un air de déjà-vu. Ce mardi 27 février, Gabriel Attal prend la parole à l’Assemblée nationale. Marine Le Pen vient de l’attaquer sur la déclaration d’Emmanuel Macron, qui, la veille, avait estimé que « rien n’était exclu » concernant un hypothétique envoi de troupes au sol en Ukraine. La réplique est immédiate. « Il y a lieu de se demander si les troupes de Vladimir Poutine ne sont pas déjà dans notre pays… Je parle de vous et de vos troupes, Mme Le Pen », lui assène le premier ministre.

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L’estocade n’est pas sans rappeler l’un des moments forts du débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2022, lorsque le candidat Macron avait accusé Marine Le Pen de « dépendre » du pouvoir russe, rappelant le prêt de 9 millions d’euros que son parti avait contracté en 2014, en pleine guerre du Donbass, auprès d’une banque moscovite. « Vous parlez à votre banquier quand vous parlez à la Russie. C’est ça le problème, Mme Le Pen », l’avait rabrouée le chef de l’Etat.

Pour les élections européennes, qui se tiendront le 9 juin, le camp présidentiel applique donc face au Rassemblement national (RN) les mêmes recettes qui lui ont réussi en 2022. « La force de notre campagne est que nous sommes les seuls à assumer un soutien sans faille à l’Ukraine, affirme le député Renaissance de Paris David Amiel, également membre du bureau exécutif du parti macroniste. Ce qui inquiète les électeurs, ce sont les partis qui font l’autruche ou, pire, ceux qui expriment de la complaisance. » L’état-major de Renaissance aurait-il trouvé l’angle d’attaque le plus efficace contre la formation d’extrême droite, donnée en tête des intentions de vote pour les européennes ?

Un « grand désarroi »

Les coups de boutoir sur les liens de Marine Le Pen avec le pouvoir russe, qui surviennent après les vives critiques d’Emmanuel Macron contre la formation d’extrême droite, présentée comme « le parti du Frexit », le 24 février, lors du Salon de l’agriculture, ont au moins le mérite d’apporter un peu de clarté sur le positionnement de la majorité. Les dernières semaines ont été ponctuées par les revirements de l’exécutif sur la doctrine à appliquer face au RN, avec, d’un côté, Gabriel Attal plaçant l’ancien Front national dans « l’arc républicain », et, de l’autre, Emmanuel Macron l’en excluant. Un « en même temps » qui suscite l’inquiétude chez certains « marcheurs » de la première heure. « Ces polémiques sémantiques ne servent qu’à masquer le grand désarroi dans lequel nous sommes pour freiner la progression du RN », juge ainsi le député de Paris Gilles Le Gendre, ancien président du groupe macroniste à l’Assemblée nationale.

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