Close

La carte bancaire, objet en voie de disparition

Des grands-parents qui paient leurs achats en espèces, des parents qui utilisent leur carte bancaire et des enfants qui préfèrent leur téléphone portable. Pour beaucoup de professionnels des paiements, c’est le schéma type des usages en France, comme dans la plupart des pays développés.

Il n’est pas certain qu’il le reste longtemps : les banques, les fournisseurs de technologies et les spécialistes des services de paiement multiplient les innovations, avec l’idée de s’attaquer au modèle ultra-dominant de la carte. Car la France est un pays de cartes. Selon la dernière enquête annuelle de la Banque centrale européenne, en 2022, les cartes représentaient 53 % de la valeur globale des transactions dans l’Hexagone, contre 35 % pour les espèces et 3 % pour les applications mobiles.

Cette domination continue de profiter au réseau de cartes français CB, avec 15 milliards de transactions en 2022, pour un montant global de 685 milliards d’euros, selon l’Observatoire CB. « En France, 85 % des transactions par carte proviennent de CB », souligne son directeur général, Philippe Laulanie.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les cartes bancaires se veulent plus « écoresponsables »

Une position héritée de quarante ans de présence sur le marché, puisque c’est en 1984 que la carte bancaire a véritablement décollé, avec le lancement de la carte à puce. Problème : si CB reste, et de loin, le premier acteur en France, sa part de marché s’effrite, lentement mais sûrement, puisqu’elle était de 93 % il y a une dizaine d’années et qu’elle recule d’environ 1 point par an.

Cette érosion est l’une des multiples conséquences de l’ouverture à de nouveaux acteurs du marché des paiements, longtemps dominé par CB et les deux grands réseaux internationaux, Visa et MasterCard. Un mouvement favorisé par l’évolution de la réglementation européenne depuis 2009, lorsqu’une directive européenne créa le statut de prestataire de services de paiement.

« Ce nouveau statut a abaissé la barrière à l’entrée pour cette activité de gestion des paiements, qui était auparavant régulée en tant que banque et supposait donc une licence beaucoup moins accessible », explique Guillaume Petipas, associé de KPMG spécialisé dans les services financiers.

L’ouverture du marché s’est amplifiée avec l’essor de l’« open banking », qui a autorisé les prestataires agréés à accéder aux données de paiement et aux coordonnées bancaires afin de faciliter le développement de services innovants, comme le paiement fractionné « Buy now, pay later » (« Acheter maintenant, payer plus tard »).

Le téléphone portable, nouvelle carte bancaire

Il vous reste 79.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top