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Stéphane Séjourné, ministre des affaires étrangères : « La crise humanitaire à Gaza crée des situations indéfendables et injustifiables dont les Israéliens sont comptables »

Stéphane Séjourné, ministre des affaires étrangères, au Quai d’Orsay, à Paris, le 1ᵉʳ mars 2024.

Nommé le 11 janvier à la tête de la diplomatie française, l’ancien eurodéputé a enchaîné ces dernières semaines une visite en Ukraine et une tournée au Proche-Orient. Face à la menace « existentielle » que représente la Russie, il explique la proposition d’Emmanuel Macron de renforcer la présence occidentale en Ukraine. Près de cinq mois après le début de la guerre à Gaza, il estime aussi « urgent » de parvenir à un « cessez-le-feu durable », jugeant le blocage de l’aide alimentaire par Israël « injustifiable ».

Comment réagissez-vous au drame de ces derniers jours dans la bande de Gaza ?

La crise humanitaire à Gaza est catastrophique depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Et cela crée des situations indéfendables et injustifiables dont les Israéliens sont comptables ; il faut qu’Israël l’entende. Nos efforts auprès des autorités israéliennes pour augmenter le nombre de points de passage et de camions humanitaires n’ont pas été satisfaits. La famine ajoute à l’horreur. Les gens attaquent le peu de convois qui passent ; les responsabilités sur le blocage de l’aide sont clairement israéliennes. Comme nous avons été très clairs après les attaques du 7 octobre [2023] pour rappeler le droit d’Israël à se défendre, on doit être clair sur les dérives dans Gaza.

Trente mille morts, des destructions massives d’infrastructures civiles, des déplacements de population… Comment qualifier ces événements survenus en cinq mois ?

La Cour internationale de justice [CIJ] et la Cour pénale internationale sont saisies. Sur le volet génocide, je ne souhaite pas que ce mot soit utilisé politiquement, notamment par les oppositions [en France], parce qu’il y a une question d’intentionnalité qu’il revient à la justice internationale de trancher. Je veux tordre le cou à cette idée du deux poids, deux mesures qu’on peut entendre de la part d’un certain nombre d’Etats. Il suffit de regarder nos votes aux Nations unies, notre mobilisation humanitaire…

Depuis l’arrêt de la CIJ en janvier demandant des mesures pour protéger la population de Gaza, avez-vous le sentiment qu’Israël a modéré ses opérations ?

Non, et notre rôle est de le dire publiquement. Ce que demande la CIJ correspond à ce que le gouvernement français demandait avant même cette décision. Nous le disons aussi au gouvernement israélien. Aujourd’hui, on est dans une impasse sur Rafah et une opération militaire telle que les Israéliens la conçoivent serait un nouveau désastre humanitaire ; nous faisons tout pour l’éviter.

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