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Déraillement du TGV à Eckwersheim : au procès, comprendre les causes du drame

Le lendemain de l’accident qui a eu lieu lors d’un essai à Eckwersheim (Bas-Rhin) près de Strasbourg, dans le nord-est de la France, le 14 novembre 2015.

Même si on les a très vite oubliées, les images étaient spectaculaires… Le 14 novembre 2015, un TGV faisant des essais sur la nouvelle ligne à grande vitesse vers Strasbourg a déraillé à Eckwersheim (Bas-Rhin), avec à son bord 53 personnes. Bilan : 11 morts et 42 blessés. D’après les experts, une erreur de freinage est à l’origine du déraillement. Le train a abordé une courbe à la vitesse de 265 km/h au lieu de 176 km/h. La force centrifuge a couché les voitures. La première a été freinée par le parapet d’un pont, les autres se sont retournées. La dernière a fini partiellement immergée dans le canal de la Marne au Rhin.

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Survenu le lendemain des attentats du Bataclan, du Stade de France (Seine-Saint-Denis) et du 11arrondissement de Paris, l’accident a eu un retentissement médiatique limité, mais a créé une onde de choc au sein de la SNCF : les 53 personnes à bord pour cette phase d’essai étaient toutes des cheminots, des salariés de filiales ou leurs invités, dont quatre enfants, indemnes.

Le procès, qui s’ouvre ce lundi 4 mars devant la 31e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, retiendra-t-il davantage l’attention ? Il tombe au moment où une cour d’assises spéciale juge l’attentat du marché de Noël de Strasbourg en 2018… Autre difficulté : les audiences, qui doivent permettre aux parties civiles de mieux comprendre ce qui s’est passé dans le train, s’annoncent très techniques, après huit ans d’enquête des magistrats du pôle « accidents collectifs ». Elles dureront plus de deux mois, jusqu’au 16 mai.

Renvoi de responsabilité

Seront jugés pour « blessures et homicides involontaires par maladresse, imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité », la SNCF, ses filiales Systra (commanditaire des essais) et SNCF Réseau (gestionnaire des voies), ainsi que trois personnes qui étaient dans la cabine : le conducteur aux commandes le jour des essais, le « cadre traction » qui donne des instructions de conduite, et un expert de Systra. Les deux chefs d’essai, celui de la SNCF et celui de Systra, étaient dans une autre voiture et ont été tués dans l’accident.

Comme l’a confié à l’Agence France-Presse Nicolas Heury, le fils du chef de bord du train décédé à 58 ans, les proches des victimes et les blessés attendent des entreprises qu’elles « assument leurs erreurs » à l’audience. « Il ne faut pas qu’elles se renvoient la balle. » Même si toutes font partie de la « famille SNCF », qui était prête à reconnaître sa responsabilité morale, comme l’a dit son président, Guillaume Pepy, en 2015, aucune ne veut aujourd’hui se voir imputer l’accident.

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