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Pétrole : la Russie, l’Arabie saoudite et l’Irak prolongent leurs coupes de production pour doper les cours

L’Arabie saoudite, la Russie et l’Irak, piliers de l’alliance OPEP + des pays exportateurs de pétrole, ont annoncé, dimanche 3 mars, prolonger leurs coupes volontaires de production jusqu’à mi-2024, pour tenter de soutenir les cours du prix du baril.

L’Arabie saoudite va continuer de réduire sa production d’un million de barils par jour (bpj) pour la période d’avril à juin, a annoncé son ministère de l’énergie, cité par l’agence de presse officielle saoudienne SPA. La Russie a également fait état d’une extension de la baisse à hauteur de 471 000 barils quotidiens, portant à la fois sur la production et les exportations.

De son côté, l’Irak a annoncé dimanche qu’il prolongera sa coupe volontaire de 220 000 bpj de sa production pétrolière jusqu’en juin 2024 pour renforcer la stratégie actuelle de l’alliance OPEP+ « destinée à soutenir la stabilité des marchés du brut ».

Malgré une part moins importante dans le budget fédéral russe qu’avant le début de la guerre déclenchée contre l’Ukraine en février 2022, la manne financière issue de la vente des hydrocarbures reste essentielle pour Moscou, au moment où son activité économique est tournée vers l’effort de guerre pour soutenir ses actions militaires.

Dans les cas de Riyad comme de Moscou, ces mesures s’ajoutent à la réduction de 500 000 bpj annoncée en avril 2023 et qui court jusqu’à fin 2024. Parmi les vingt-deux membres de l’alliance, d’autres pays, comme le Koweït, doivent de même prolonger leurs coupes, de moindre ampleur. Cette stratégie coordonnée avait été dévoilée au printemps 2023 pour un total de 1,6 million bpj, avant d’être renforcée par l’effort supplémentaire de Moscou et Riyad.

Fragile unité au sein de l’OPEP

Dans la perspective de cette nouvelle prolongation, les prix du pétrole avaient bondi vendredi, le West Texas Intermediate (WTI) américain s’élevant ponctuellement au-delà de 80 dollars, une première depuis novembre. Le baril de brent de la mer du Nord est lui parvenu à un sommet en un mois et a terminé avec un gain de 2 %, à 83,55 dollars. Mais il reste loin de son éphémère envolée à près de 100 dollars fin septembre et surtout des 140 dollars atteints à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine.

L’OPEP, qui réunit treize membres sous la houlette de Riyad, a choisi de nouer en 2016 une alliance avec dix autres pays, dont Moscou, sous la forme d’un accord appelé OPEP +, dans l’optique de limiter l’offre et de soutenir les cours face aux défis posés par la concurrence américaine.

Or depuis près d’un an maintenant, l’Arabie saoudite fait fi de l’unanimité des membres, faute d’accord. L’unité de l’organisation vacille, au point que l’Angola a annoncé en décembre se retirer de l’alliance, justement sur fond de discorde quant à ses quotas.

La prochaine réunion ministérielle du groupe, prévue au siège de l’organisation à Vienne le 1er juin, sera un nouveau test de son unité. Lors de ce rendez-vous, l’OPEP + doit fixer son objectif de production pour 2025.

Le Monde avec AFP

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