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« Que sait-on du travail ? » : deux jours de télétravail estimés à 5 % d’augmentation de salaire au minimum

Peut-on chiffrer les bénéfices du télétravail ? Les études menées sur le télétravail avant le Covid-19 avaient mis en évidence une plus grande satisfaction au travail, un gain de flexibilité et de temps passé en famille, mais un écart accru entre les genres aux dépens des femmes pour la gestion des tâches ménagères et les soins aux enfants et une plus grande solitude des travailleurs. Soit davantage de bien-être, mais une santé mentale pas nécessairement meilleure, remarque Claudia Senik dans sa contribution au projet de médiation scientifique « Que sait-on du travail ?  » du Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques, diffusé en collaboration avec les Presses de Sciences Po sur la chaîne Emploi du site Lemonde.fr. Dans son analyse plus large sur les liens entre télétravail et bien-être, l’économiste dresse un panorama des études menées avant et après l’épisode Covid-19. La valeur du télétravail a augmenté avec l’expérience.

Une recherche américaine menée auprès de 7 000 personnes avait alors révélé qu’en moyenne les candidats à l’emploi se montraient prêts à accepter un salaire inférieur de 8 % pour avoir la possibilité de travailler à domicile. Un quart des salariés interrogés accepteraient même une baisse de 14 % de leurs revenus. D’autres enquêtes conduites ultérieurement sur un panel plus large ont donné des résultats similaires d’acceptation de baisse de salaire : 8,4 % en moyenne et jusqu’à 18,7 % pour les plus demandeurs de télétravail. Dans l’étude américaine AWCS sur les conditions de travail, le télétravail est comparé par les salariés à une hausse de salaire de 4,1 %.

Depuis l’expérience massive du télétravail imposée par le Covid, la connaissance s’est affinée sur son impact sur l’autonomie d’organisation des salariés, la qualité de leurs relations interprofessionnelles, ainsi que les perspectives de progression et le sens du travail perdu ou retrouvé. Une nouvelle enquête menée en 2021, toujours dans le contexte américain, a interrogé les salariés sur le prix qu’ils étaient prêts à payer pour télétravailler après le Covid. Elle indique que l’attrait pour ce mode d’organisation n’a fait que croître. Plus de 50 % des personnes interrogées qui désirent travailler à domicile 2 ou 3 jours par semaine estiment que cela équivaudrait à une augmentation de salaire de 5 % ou plus. Et près de 20 % à une augmentation de salaire de 15 % ou plus.

Enfin une enquête internationale menée en 2021 et 2022 dans vingt-sept pays confirme cette disposition des salariés à payer pour pouvoir travailler à distance, sauf à Taïwan où la culture du présentéisme est très forte. A revenu national égal, elle est légèrement négative pour Taïwan et positive pour tous les autres pays, allant d’environ 7-8 % du salaire au Brésil, en Egypte, en Inde et en Turquie, à 8,8 % en Serbie, et près de 12 % en Ukraine (avant le conflit commencé en 2022).

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