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« Rencontres avec des animaux extraordinaires », d’Andrés Cota Hiriart : empathie animale

Un axolotl.

« Rencontres avec des animaux extraordinaires » (Fieras familiares), d’Andrés Cota Hiriart, traduit de l’espagnol (Mexique) par Bertrand Fillaudeau, Corti, « Biophilia », 302 p., 22 €.

Quand on ne peut avoir chez soi ni chat ni chien, autant adopter des scorpions et des serpents. Le jeune Andrés Cota Hiriart prétexta ainsi l’allergie de sa mère aux animaux à poils pour collectionner toutes sortes d’amphibiens et de reptiles dans son appartement de Mexico. Rencontres avec des animaux ­extraordinaires est le récit autobiographique à la fois précis, fiévreux et souvent très drôle de cette obsession qui entraîna le Mexicain, devenu naturaliste et écrivain, dans les péripéties les plus folles.

Loin des passe-temps banals de l’enfance et de l’adolescence, ce fils de scientifiques, né en 1980, ne jure que par le monde du vivant. La faute, en partie, d’un moniteur de colonie de vacances, biologiste un peu toqué, qui, le premier, l’initia aux fabuleux axolotls : de petites créatures amphibiennes aux allures de « dragon chinois », douées d’une incroyable capacité de régénérescence. L’auteur raconte comment il transforma sa chambre en une resserre à aquariums et terrariums où s’accumulèrent grenouilles, tortues, lézards et ces fameux axolotls. Ces compagnons furent d’un grand secours à l’enfant solitaire. On le molestait à l’école ? Il apporta un de ses serpents et on le laissa à jamais tranquille.

Aventures cocasses

Doté d’un humour très britannique, Andrés Cota Hiriart a l’art de mettre en scène les aventures auxquelles cet amour l’a conduit, d’une manière qui rappelle l’un de ses modèles, également naturaliste et écrivain, Gerald Durrell, dans Ma famille et autres animaux (1956 ; Gallmeister, 2007). Comme lorsqu’il décrit ses scrupules à déranger sa mère pour qu’elle l’aide à décrocher le python albinos qui l’avait mordu : elle était nue sous la douche avec son amant. Tout aussi haletant est le récit qu’il fait d’un voyage en avion depuis les Etats-Unis, d’où il rapporta clandestinement des boas arc-en-ciel et des caméléons à crête, contre l’avis de ses cousines épouvantées.

Mais le livre ne se limite pas à un divertissement zoologique érudit, que viennent compléter de courtes fiches sur les animaux évoqués. A travers les voyages émerveillés qu’il relate, aux Galapagos, « Terre sainte des naturalistes », ou à Bornéo sur les traces des orangs-outans, c’est l’avènement du surtourisme et l’extinction programmée de certaines ­espèces qu’il pointe avec force. Car ses éblouissantes descriptions se heurtent à un implacable rappel des faits : 30 % des espèces vivantes sont vouées à disparaître, la sixième extinction de masse est en cours. Ce périple amoureux dans les ­recoins d’une Terre abîmée nous rappelle l’urgence d’en sauver autant que possible.

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