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Anaïs Leleux, l’ex-compagne de Julien Bayou, annonce avoir porté plainte contre le député écologiste pour « harcèlement » et « abus de faiblesse »

Julien Bayou à l’Assemblée nationale, à Paris, le 27 février 2024.

Compagne de Julien Bayou entre 2017 et 2021, la militante féministe Anaïs Leleux annonce dans un entretien au site Les Jours, mercredi 6 mars, qu’elle a déposé plainte mardi contre le député écologiste de Paris pour « harcèlement » et « abus de faiblesse ». « Il s’est acharné sur moi alors que j’étais au bout du rouleau », dénonce-t-elle dans cette interview, accusant M. Bayou de « violences psychologiques ».

« Julien Bayou, c’est quelqu’un qui vous fait penser que vous vivez une relation unique avec lui. Mais, petit à petit, il va vous faire croire que vous êtes folle. Pendant des années, et ça s’est accentué sur la fin, il a tenté de me mettre en tête que j’avais des troubles psychiatriques », poursuit Mme Leleux. Cette dernière affirme avoir fait « deux tentatives de suicide, en avril et en juin 2022 ».

C’est la première fois que la militante féministe porte ses accusations publiquement contre l’ancien dirigeant d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). En juillet 2022, elle avait saisi la cellule à propos de violences sexistes et sexuelles au sein du parti, sans que son nom soit dévoilé. Puis, le 19 septembre, la députée écologiste de Paris Sandrine Rousseau avait évoqué son cas sans la citer sur le plateau de « C à vous », sur France 5.

« Je pense qu’il y a des comportements qui sont de nature à briser la santé morale des femmes », avait-elle notamment alerté, visant M. Bayou mais sans évoquer de violences particulières. Ses déclarations avaient toutefois poussé ce dernier à quitter en septembre 2022 la présidence du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, qu’il occupait avec Cyrielle Chatelain, puis son poste de secrétaire national d’EELV, ouvrant une crise interne au sein du mouvement. « Il n’y a pas d’affaire Bayou. Il n’y a pas d’accusation. Il n’y a pas de fait sous-tendant les anathèmes que j’ai pu entendre », s’était défendu le député dans un entretien au Monde en octobre 2022.

Une plainte visant la cellule d’enquête du parti écologiste

La cellule interne d’EELV avait annoncé en février 2023 la fermeture du dossier, ne pouvant « mener à bien son enquête ». « L’audition initiale [de l’ex-compagne de M. Bayou], point de départ de l’investigation, n’a pas pu avoir lieu », et « personne d’autre n’a saisi la cellule au sujet de Julien Bayou », avait-elle fait savoir. M. Bayou avait alors estimé être « blanchi » de ces accusations.

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Anaïs Leleux affirme que, « une semaine » après la clôture de l’enquête par la cellule, M. Bayou l’a « mise en demeure puis assignée en référé devant la justice à propos de la maison dans le Centre-Val de Loire [qu’ils avaient] achetée ensemble en septembre 2020, alors [qu’elle] étai[t] suicidaire, isolée », afin d’obtenir « une indemnité d’occupation ». « Le timing fait que je l’ai vraiment vécu comme un moyen de me punir, et cela a ravivé mes idées suicidaires », se remémore-t-elle auprès des Jours.

Anaïs Leleux affirme qu’elle a pris la décision de porter plainte contre M. Bayou parce qu’elle n’est « plus suicidaire » et qu’elle a « pu racheter la maison en novembre 2023 ». « Il n’a plus aucun moyen de pression sur moi. J’ai un travail, je suis entourée. Les conditions psychologiques sont davantage réunies », estime-t-elle. La militante explique qu’elle avait « fini par avoir peur d’un homme qu’[elle] croyai[t] connaître et qu’en fait [elle] ne connaissai[t] pas. Quand on est sous emprise, et je l’étais encore jusqu’il y a peu, c’est difficile de parler ».

Mme Leleux annonce aussi avoir porté plainte contre X pour « abstention d’assistance à personne en danger », visant ainsi la cellule sur les violences sexistes et sexuelles du parti écologistes, dont le protocole l’a « mise en danger », selon elle. « Ses membres ne sont pas solidement formés (…). De plus, les échanges ne sont pas sécurisés », accuse-t-elle, avançant qu’elle « n’attend pas juste la condamnation d’un homme, mais la condamnation d’un système ».

Alors que M. Bayou n’a pas souhaité réagir auprès des Jours, le parti écologiste affirme avoir réalisé un audit, « indépendamment de cette affaire », qui a notamment abouti à des formations. Se décrivant comme des « pionniers sur ces questions », le mouvement estime néanmoins que « ce n’est malheureusement pas la garantie que de grandes souffrances ne puissent être éprouvées ».

Le Monde

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