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Le Sénat veut à nouveau attribuer une partie de l’épargne du Livret A à l’industrie de la défense

Après plusieurs tentatives infructueuses au Parlement, le Sénat a de nouveau voté, mardi 5 mars, pour attribuer une partie de l’épargne du Livret A à l’industrie de la défense, touchée par des difficultés de financement renforcées par le contexte ukrainien. « L’outil militaire et industriel doit être en mesure de faire face à toute menace sur la paix et la stabilité. Ce n’est pas vraiment le cas aujourd’hui », s’est alarmé le sénateur Les Républicains Pascal Allizard, auteur de cette proposition de loi adoptée à 244 voix contre 34.

Le texte propose d’affecter une partie des encours du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) au financement des entreprises de l’industrie de défense française. Un dispositif similaire avait déjà été adopté au Parlement ces derniers mois, mais le Conseil constitutionnel l’avait censuré par deux fois, le jugeant sans rapport avec les textes auxquels il avait été ajouté.

La droite sénatoriale espère le voir enfin aboutir grâce à ce texte, même s’il faudra pour cela que l’Assemblée nationale s’en saisisse. Une proposition de loi quasiment identique y sera d’ailleurs soutenue le 14 mars par les députés du groupe Horizons.

Un accueil mitigé

La ministre déléguée aux entreprises, Olivia Grégoire, a néanmoins accueilli avec circonspection cette proposition, estimant que « l’instrument [n’était] pas le plus approprié ». Tout en promettant que Bercy réunirait « à l’été » les acteurs financiers, investisseurs et industriels de la défense pour un « événement majeur » sur le financement du secteur.

Le sénateur socialiste Rachid Temal a lui défendu une autre vision : celle de la création d’un produit tout spécialement conçu pour financer le secteur – le « Livret d’épargne défense souveraineté » –, synonyme selon lui de plus de « clarté et transparence », mais le Sénat l’a rejeté. Les écologistes et communistes ont été plus sévères. « Vous voulez financer les marchands de canons en prenant dans le livret avec lequel les Français pensaient financer le logement ou le développement durable », s’est inquiété l’écologiste Thomas Dossus.

Près de 60 % des fonds du Livret A et du LDSS sont en effet dédiés au logement social, mais le reste – l’épargne non centralisée précisément visée par le texte – est consacré aux PME, à la transition énergétique ou encore à l’économie sociale et solidaire. Plusieurs parlementaires favorables ont eux insisté sur « l’urgence » imposée par le contexte ukrainien. « C’est une solution efficace à court terme pour accélérer le passage à une véritable économie de guerre », a plaidé Vanina Paoli-Gagin (groupe Les Indépendants, de centre droit).

Le Monde avec AFP

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