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Nucléaire : la durée de vie des deux usines de recyclage prolongée et la construction de deux autres à l’étude

Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire (au centre), en compagnie du directeur général d’Orano, Nicolas Maes (à gauche), et du ministre de l’industrie et de l’énergie, Roland Lescure (à droite), sur le site d’Orano à La Hague, le 7 mars 2024.

La durée de vie des deux usines de recyclage de combustible nucléaire, situées à La Hague (Manche) et à Marcoule (Gard), sera étendue « au-delà de 2040 », a annoncé, jeudi 7 mars, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire.

Des études vont en outre être lancées en vue de la mise en chantier d’une usine de combustible recyclé de type MOX, à une échéance non précisée, et d’un nouveau site de retraitement d’ici 2045-2050, a ajouté le ministre, qui s’exprimait dans le cadre d’une visite sur le site d’Orano à La Hague, en compagnie du ministre de l’industrie et de l’énergie, Roland Lescure.

« Notre objectif, c’est évidemment de garantir la réutilisation des combustibles retraités dans les réacteurs français pour renforcer notre souveraineté et réduire les importations d’uranium », a déclaré Bruno Le Maire. « Cela va nous permettre de réduire à terme de 25 % la consommation d’uranium en France, (…) de réduire le volume de déchets ultimes de l’ordre de 75 %, ce qui est bon pour l’environnement, et cela va évidemment entraîner la création de milliers d’emplois qualifiés en France », a-t-il souligné, sans préciser le montant des investissements envisagés.

Un conseil de politique nucléaire présidé par Emmanuel Macron a validé le 26 février la poursuite de cette stratégie de retraitement jusqu’en 2100 au moins, dans le contexte du projet d’EDF de bâtir en France six nouveaux réacteurs EPR2.

Visibilité

L’usine Orano de La Hague, pièce maîtresse de la gestion française des combustibles usés, est aujourd’hui confrontée au vieillissement de ses installations. Pour investir dans le renouvellement de ses usines qui atteindront cinquante ans d’exploitation au cours de la décennie 2030, voire en construire de nouvelles, Orano demandait de la visibilité sur les projets de l’Etat au-delà de 2040, date après laquelle la poursuite du traitement-recyclage français n’était pas assurée.

L’ex-Areva fait valoir que le processus permet d’économiser de l’uranium naturel et de réduire les volumes de déchets à stocker. Le « cycle » nucléaire à la française ne permet toutefois aujourd’hui qu’une seule réutilisation des combustibles issus du retraitement, à savoir le MOX, fabriqué actuellement dans l’usine Orano Melox de Marcoule, et l’uranium de retraitement enrichi, qui implique des allers et retours de matières avec la Russie.

L’usine de La Hague dispose notamment de quatre piscines d’entreposage, permettant de refroidir les combustibles usés avant de les traiter pour en extraire les matières réutilisables et les déchets, qui sont confrontées à un risque de saturation. EDF, qui représente plus de 95 % de l’activité de recyclage d’Orano, envisage par conséquent d’en construire une nouvelle, pour un montant de 1,25 milliard d’euros, qui serait mise en service en 2034.

Le Monde avec Reuters

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