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Sans altérer leur soutien à Israël, les Etats-Unis explorent une voie maritime pour l’aide humanitaire à Gaza

Un avion militaire largue de l’aide humanitaire au nord de Gaza, le 7 mars 2024.

Terre, air, et bientôt mer : les Etats-Unis tentent, par tous les moyens, de desserrer l’étau israélien autour de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza. Au cours de son discours devant le Congrès, jeudi 7 mars, Joe Biden a confirmé la mise en place d’une mission humanitaire destinée à acheminer une partie de cette aide par voie maritime. Il s’agit de mettre en place, a-t-il dit, « un ponton temporaire » qui « permettrait une augmentation massive de la quantité d’aide humanitaire entrant chaque jour à Gaza ».

Au cours d’un échange avec la presse dans la matinée, un haut responsable américain avait annoncé que cette « mission humanitaire » permettrait d’« accueillir de grands navires transportant de la nourriture, de l’eau, des médicaments et des abris provisoires ». Un projet de port offshore au large de l’enclave avait déjà été soutenu par la Turquie et le Qatar, en 2015, mais il ne s’est jamais concrétisé, faute de validation israélienne. Cette fois, l’usage du mot « port » est un abus de langage. Il s’agirait d’un ponton provisoire sans doute flottant, sur la plage ou légèrement au large. Les vaisseaux américains se tiendraient à bonne distance de la côte. Pas question de déployer des soldats sur le sol palestinien, ni pour installer la structure ni pour se charger de l’aide.

Les premiers convois passeraient par Chypre et son port de Larnaca, grâce à une coalition internationale en renfort des Etats-Unis et une présence israélienne pour vérifier le contenu. Selon le responsable, la distribution de l’aide à Gaza se ferait « avec les Nations unies et les ONG humanitaires ». Personne ne sait comment à ce stade. L’intention est claire, les modalités sont floues, et le temps nécessaire pour la réalisation se compterait en longues semaines.

« Inonder le marché »

Côté israélien, la Cogat, l’organe de coordination des activités gouvernementales dans les territoires palestiniens, communique comme si elle secourait de bon cœur une population dans le besoin. « Il n’y a pas de limite à l’aide humanitaire pouvant entrer dans Gaza », affirmait, jeudi, le compte de la Cogat sur le réseau X, en dépit de l’évidence contraire. D’une même voix, les officiels américains et israéliens mettent en cause des pillages sur le terrain, dans la bande, organisés par des groupes criminels. Or, ce sont d’abord les affamés qui se jettent sur les rations. Ils pillent parce que le chaos règne depuis qu’Israël a détruit les infrastructures de Gaza (bateaux de pêcheurs, entrepôts, écoles, etc.), insécurisé les convois et mis en cause l’UNRWA, la mission des Nations unies qui sert de filet essentiel d’assistance et de solidarité. Refusant toute présence visible d’hommes en uniforme, les forces israéliennes ont frappé, il y a un mois, des policiers locaux. Ceux-ci refusent, depuis, d’escorter les camions d’aide.

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