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Education à la sexualité : un programme scolaire qui vise à « être acceptable par tous »

Attendu pour janvier 2024 et reporté pour cause de valse des ministres à la tête de l’éducation nationale, le premier projet de programme d’éducation à la sexualité a été publié, mardi 5 mars, sur le site du Conseil supérieur des programmes (CSP), au lendemain du vote du congrès en faveur de l’inscription de la « liberté garantie » d’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution.

Ce hasard de calendrier a valeur de symbole, alors que les trois séances annuelles d’éducation à la sexualité prévues tout au long de la scolarité ont été introduites par une loi de juillet 2001 relative à l’IVG et à la contraception. Depuis vingt-deux ans, pourtant, une minorité d’élèves bénéficient de l’ensemble de ces séances, encadrées par une circulaire de 2018.

C’est pour en clarifier le contenu et permettre à chaque élève d’y avoir accès que Pap Ndiaye a saisi, en juin 2023, juste avant son départ de la Rue de Grenelle, l’instance indépendante chargée d’élaborer les programmes au sein du ministère de l’éducation nationale.

Ce sujet hautement sensible crispe des associations proches de la droite conservatrice et de l’extrême droite, opposées à ces enseignements qui doivent, selon eux, rester dans la sphère familiale. A l’inverse, le Planning familial, SOS Homophobie et Sidaction ont, eux, saisi le tribunal administratif de Paris, en mars 2023, pour que les trois séances prévues par la loi soient réellement effectives, afin de lutter contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles.

Formulations choisies avec soin

Conscient du potentiel éruptif d’un tel programme, le CSP a choisi la prudence. L’instance a mené une quarantaine d’auditions afin d’appréhender toutes les sensibilités, du Planning familial au Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous) en passant par les associations de défense des droits LGBT ou les représentants des grandes familles spirituelles (Conférence des évêques, grand rabbin, recteur de la Mosquée de Paris…). « Les auditions servent à nous éclairer, à écouter, en aucun cas à débattre », précise Mark Sherringham, le président du CSP.

Soucieux d’« équilibre », l’ancien conseiller des ministres de l’éducation François Fillon et Xavier Darcos dans les années 2000 a voulu « trouver la juste voie », même s’il « ne vise pas le consensus ». « Notre objectif est que ce programme soit acceptable par tous, et en particulier par les familles. S’il n’est pas accepté, il ne pourra pas être appliqué », considère le président du CSP. « Les questions qui nous ont guidés en permanence : qu’est-ce qui revient en propre à l’école ? Qu’est-ce qui est spécifiquement scolaire ? », abonde Frank Burbage, inspecteur général et copilote du groupe d’élaboration de ce programme. « Une manière de ne pas entrer en tension ou en opposition avec ce que peuvent faire la société, les associations, les familles », remarque ce docteur en philosophie.

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