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Le gouvernement tente encore de simplifier le dispositif MaPrimeRénov’

Dans l’idéal, mieux vaut un logement rénové en une fois plutôt qu’en plusieurs « gestes », c’est-à-dire, dans le jargon, une rénovation globale. Le chantier est pensé dans son ensemble, les déperditions d’énergie sont toutes passées en revue, le résultat est censé être plus efficace. Mais lorsque les conditions pour atteindre cet idéal sont trop complexes – c’est très cher, il faut parfois déménager –, mieux vaut finalement faire moins que rien du tout. C’est la conclusion à laquelle sont arrivés le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, et celui du logement, Guillaume Kasbarian, ainsi que les représentants du secteur, la Fédération française du bâtiment et la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), lors d’une réunion qui s’est tenue vendredi 8 mars.

Cette rencontre avait été programmée après les promesses faites, mi-février, par le nouveau ministre du logement, de simplifier l’accès aux aides à la rénovation. Depuis que le gouvernement avait modifié le mode d’emploi pour les décrocher, tout en accordant des montants plus généreux, les ménages avaient toutes les peines du monde à s’y retrouver. Les propriétaires de passoires thermiques (étiquettes F et G) devaient par exemple mettre à jour leur diagnostic de performance énergétique, puis faire réaliser un audit énergétique.

Mais aussi, trouver un accompagnateur, les fameux Mon accompagnateur Rénov’ (MAR) – ils sont peu –, ce qui était obligatoire pour les logements les plus énergivores depuis le 1er janvier 2024. Résultat, comme tout était plus compliqué, que les MAR ne répondaient pas, le nombre de dépôts de dossier était en chute libre depuis janvier : – 40 % par rapport à la même période en 2023, révélaient Les Echos le 6 mars.

Dossiers dématérialisés

Avec cette réforme, le gouvernement avait voulu encourager les rénovations globales. Au vu de ce retard au démarrage, les ministres décident donc de faire marche arrière, en autorisant à nouveau les rénovations énergétiques par « geste », pour tous les logements, pour certains postes. Notamment pour l’isolation, jusqu’à la fin de l’année. C’était encore autorisé pour le système de chauffage jusqu’à l’été ; cette possibilité est étendue également à toute l’année. Pour les propriétaires qui choisissent le parcours complet, le gouvernement promet l’accélération des certifications des MAR. Une instruction sera adressée aux préfets, dans ce sens, lundi 11 mars.

La Capeb, qui demandait, de son côté, la simplification des démarches pour obtenir le label RGE (pour « reconnu garant de l’environnement »), a été entendue. Ce label est un des piliers du système, puisque les particuliers qui veulent toucher les aides doivent faire appel à une entreprise certifiée. Or, certaines qualifications expiraient, et la complexité de la démarche décourageait les artisans de la demander. La durée des qualifications va être allongée et les dossiers seront dématérialisés, ont promis les ministres. Enfin, le label pourra être obtenu sur validation des acquis d’expérience. L’objectif de 700 000 rénovations par an est maintenu. En 2023, 70 000 rénovations globales ont été réalisées. Le gouvernement aimerait doubler ce nombre. Selon l’Etat, deux millions de logements ont été rénovés depuis 2020, et 8,6 milliards d’euros d’aides accordées.

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