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Le groupe MGMT revient par la grande pop

Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser, du groupe MGMT, en septembre 2023.

Ils se disaient « destinés à faire semblant », ainsi qu’ils le chantaient sur Time to Pretend, l’un des hymnes de leur insigne premier album, Oracular Spectacular (2007). Dans un tourbillon psychédélique et mélodieux, Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser, les hommes-orchestres du duo MGMT, s’imaginaient une vie insidieusement factice : gloire, drogues et aventures avec une enfilade de mannequins, à Paris. Ces dernières leur donneraient la totale – mariages, bébés, divorces –, à mesure qu’ils feraient le deuil du « vert paradis des amours enfantines ». « Love must be forgotten » (« l’amour doit être oublié »), cinglaient, définitives, les paroles du tube.

Dix-sept ans après, l’oracle s’est spectaculairement vérifié. Non seulement parce que Time to Pretend a anticipé les travers de notre époque, dont elle raille à merveille le vide et les excès, mais aussi parce que Andrew VanWyngarden, dans un vertigineux jeu de miroirs, a en partie suivi le programme qu’il s’était fixé : le succès aidant, il s’est épris, après plusieurs top-modèles de renom, d’une Française, avec laquelle il a eu, il y a peu, son premier enfant. Là s’arrête, cependant, le parallèle avec Time to Pretend. A rebours des faux-semblants contemporains, les MGMT ne seraient plus qu’amour et sincérité, si l’on en croit Loss of Life, leur splendide cinquième album, paru le 23 février.

« Sur ce disque, on s’est lancé un défi : écrire le plus simplement et le plus directement possible », raconte Andrew VanWyngarden par visioconférence, depuis ses pénates new-yorkais. Traits fins, boucles discrètes, voix gracile : à plus de 40 ans, il a gardé ses airs de séraphin. « On a toujours apprécié l’humour de certains groupes anglais, comme Prefab Sprout, poursuit-il. Ils manient l’absurde comme une tactique de survie existentielle. Depuis au moins le 11-Septembre, l’ironie, le jeu, le mystère nous aident, nous aussi, à exorciser nos angoisses. Cette fois, cependant, ils sont moins centraux. L’amour prédomine. Celui, divin, éternel, que j’éprouve pour mon enfant m’a beaucoup inspiré. »

« Ressentir la joie »

Installé à Los Angeles, son comparse, Ben Goldwasser, camouflé sous une barbe épaisse, lui donne la réplique : « L’amour est un moyen d’affronter toute la négativité et les atrocités qui secouent le monde. Ces dernières années, tant de personnes ont exprimé publiquement leurs inquiétudes. Certaines choses, hélas, ne pourront être résolues. Sans doute l’humanité est-elle condamnée à disparaître. Cela ne doit pas nous empêcher de ressentir la joie quand elle se présente à nous. »

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