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Le cuivre entre mafias et petits trafics

Des employés de la SNCF travaillent le 26 avril 2011 près de la ville d’Oignies, dans le nord de la France, à la suite du vol d’environ 800 mètres de câbles en cuivre.

Pannes, grèves et autres conflits sociaux ne sont pas toujours les seuls motifs pouvant expliquer les perturbations de la SNCF en France. En 2022, plus de 40 000 trains ont été affectés par des vols de cuivre qui auraient causé plus de 20 millions d’euros de pertes, indique la compagnie de chemins de fer. Un phénomène qui frappe d’autres opérateurs en Europe. En Allemagne, selon Deutsche Bahn, 3 200 trains auraient, pour les mêmes raisons, cumulé un retard de 40 000 minutes, occasionnant un coût à l’entreprise de 7 millions d’euros.

Encouragée par la valeur économique du cuivre, dont le cours a triplé depuis les années 2000 pour atteindre environ 7 850 euros la tonne en février, cette délinquance occasionne d’importantes pertes financières et des dysfonctionnements, notamment dans le domaine des chemins de fer, des réseaux électriques et des télécommunications.

Chez Orange, par exemple, le nombre de délits de ce type a été multiplié par huit au cours des trois dernières années, avec une trentaine de vols hebdomadaires en moyenne. Ils ont lieu partout en France, les régions des Hauts-de-France, de l’Occitanie et du Centre-Val-de-Loire étant les plus touchées. « Voler des câbles de cuivre peut mettre en péril la vie des personnes », insiste une des porte-parole de l’opérateur, précisant que ces derniers desservent des services d’urgence, mais également les personnes qui cherchent à les joindre.

Stratégies d’endiguement

Faute de pouvoir surveiller des milliers de kilomètres de câbles en temps réel, surtout dans des zones rurales les plus reculées, les entreprises concernées ont développé différentes stratégies pour endiguer le phénomène. Orange indique avoir signé des conventions départementales (82 au total, et d’autres sont en cours) sur la malveillance avec les préfets, procureurs et forces de l’ordre. Au niveau national, l’entreprise se coordonne avec les services de l’Etat et une cellule sécurité Orange spécialisée.

De son côté, la SNCF, pour lutter contre le vol de câbles, qui représente plus de 70 % des vols de métaux, met en place des alarmes fixes ou mobiles. Et des trackers GPS contre le vol de batteries. Des experts surveillent et analysent également les modes opératoires en collaboration avec les forces de l’ordre, tandis que des drones survolent les lignes ferroviaires. Malgré toutes ces dispositions, « plus de 10 000 intrusions sont déplorées chaque année sur le réseau ferré national, dont 60 % pour commettre des actes de malveillance », relève la SNCF.

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