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« L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement » et doit agir beaucoup plus vite pour éviter des situations « catastrophiques »

Un paysage brûlé par des incendies de forêt qui ont affecté la région située près de Miranda de Arga, dans le nord de l’Espagne, en juin 2022.

« L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement. » L’alerte est signée Leena Ylä-Mononen, la directrice de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) qui publie, lundi 11 mars, son premier rapport sur l’évaluation des risques climatiques sur le continent. L’Europe pourrait ainsi être confrontée à des situations « catastrophiques » si elle ne prend pas la mesure des risques climatiques qu’elle court et dont beaucoup sont déjà à un niveau critique, prévient l’AEE.

« La chaleur extrême, la sécheresse, les incendies de forêt et les inondations que nous avons connus ces dernières années en Europe vont s’aggraver, y compris dans les scénarios optimistes du réchauffement climatique, et affecteront les conditions de vie sur tout le continent », écrit l’agence dans un communiqué. « Ces événements représentent la nouvelle norme », a insisté Mme Ylä-Mononen lors d’un point presse. « Ils doivent être aussi un coup de semonce », lance-t-elle.

L’étude répertorie trente-six risques climatiques majeurs pour l’Europe. Vingt et un d’entre eux nécessitent plus d’actions immédiates et huit, une réponse en urgence. Au premier rang figurent les risques liés aux écosystèmes, principalement marins et côtiers. Par exemple, les effets combinés des vagues de chaleur marine, de l’acidification et de l’appauvrissement en oxygène des mers et d’autres facteurs anthropiques (pollution, pêche…) menacent le fonctionnement des écosystèmes marins, a relevé le rapport. « Il peut en résulter une perte substantielle de la biodiversité, y compris des événements de mortalité massive », est-il ajouté.

Le sud de l’Europe est le plus exposé

Pour l’AEE, la priorité est que les gouvernements et les populations d’Europe reconnaissent unanimement les risques et acceptent de faire davantage et le faire plus rapidement. « Nous devons faire plus, avoir des politiques plus fortes », insiste Mme Ylä-Mononen. L’agence a toutefois reconnu les « progrès considérables » réalisés « dans la compréhension des risques climatiques (…) et dans la préparation à ces risques ».

Pour l’AEE, les zones les plus exposées sont le sud de l’Europe (incendies, pénurie d’eau et ses effets sur la production agricole, impact de la chaleur sur le travail en extérieur et la santé…) et les régions côtières à faible altitude (inondations, érosion, intrusion d’eau salée…).

L’Europe du Nord n’est toutefois pas épargnée, a souligné l’institution, en témoignent les récentes inondations en Allemagne ou encore les feux de forêts en Suède.

Le Monde avec AFP

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