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A Bordeaux, les incendiaires de la porte de la mairie en 2023 condamnés de peines d’un an à six ans de prison ferme

Au lendemain de l’incendie qui avait touché la porte de l’entrée de l’hôtel de ville de Bordeaux, le 24 mars 2023.

Un an après l’incendie de l’imposante porte en bois de l’hôtel de ville de Bordeaux en pleine mobilisation contre la réforme des retraites, le tribunal correctionnel de la préfecture girondine a prononcé, lundi 11 mars, des peines allant jusqu’à six ans de prison ferme à l’encontre de cinq hommes.

Quelques heures après la fin de la manifestation officielle, le 23 mars 2023, un groupe d’individus, partis depuis une faculté voisine occupée, avait entassé des poubelles et des palettes devant l’entrée de l’hôtel de ville, avant d’y mettre le feu. Un « acte injustifiable », réalisé « sans plan de bataille mais avec une coordination entre les uns et les autres », a dénoncé le premier vice-procureur Benoît Bernard.

Un premier prévenu, se revendiquant « antifa » et déjà condamné pour violences et dégradations durant le mouvement des « gilets jaunes », a été jugé coupable pour « participation » et « destruction ». Il a été condamné à six ans de prison ferme avec maintien en détention, compte tenu de ses antécédents et de la « gravité des faits », a tranché le tribunal.

« Geste idiot »

Jessica Lacombe, l’avocate de cet homme de 41 ans, a annoncé qu’elle fera appel, après avoir demandé la relaxe. « On tente de faire croire que cette unique bande de marginaux est responsable. Il n’en est rien », a-t-elle plaidé, pointant un dossier sans « éléments concrets » sur « les préparatifs » ou « les instructions d’aller brûler la mairie ». Le tribunal a condamné les quatre autres prévenus à des peines allant d’un an avec sursis probatoire à deux ans ferme.

A la barre, les prévenus, tous sans emploi, se présentant comme gros consommateurs d’alcool et de drogue, déjà condamnés pour violences, vols, ou outrages, ont tour à tour qualifié l’incendie de « geste idiot », « dangereux » et qui « n’a aucun sens ».

Identifiés par des images de témoins et de surveillance diffusés à l’audience, tous ont admis leur participation à la manifestation sauvage qui a abouti à l’incendie. Ils ont expliqué leur joie et leur excitation, captées par les caméras, par « l’effet de groupe » et l’alcool, deux d’entre eux niant avoir attisé le brasier. « J’étais en plein délire, comme un triomphe devant un château assiégé dans un film », a expliqué un prévenu de 38 ans, en situation d’errance depuis l’adolescence. L’homme, condamné vingt-quatre fois dans d’autres affaires, a reconnu avoir alimenté le feu en y jetant une trottinette dotée d’une batterie en lithium et a présenté ses excuses.

Mais pour le vice-procureur de la République, cet acte relève avant tout d’une « volonté de détruire de manière irrémédiable. C’est effacer l’histoire », avait-il souligné durant l’audience.

Le Monde avec AFP

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