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Au Parlement, débat houleux en perspective sur la guerre en Ukraine

Les députés et sénateurs français lors d’une visioconférence avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky (à l’écran), à l’Assemblée nationale, à Paris, le 23 mars 2022.

Voici officiellement venu le temps de la clarification. Deux semaines après la conférence internationale de soutien à l’Ukraine, les parlementaires sont invités, mardi 12 mars, à se prononcer sur la stratégie d’aide française au pays attaqué par la Russie, lors d’un débat suivi d’un vote. Bien que celui-ci soit purement symbolique, la séance s’annonce houleuse. Car les oppositions sont particulièrement remontées par les récentes sorties du président de la République, Emmanuel Macron, qui n’exclut pas l’envoi de troupes au sol en Ukraine, et ne veut « aucune limite » dans le soutien à Kiev. Une posture jugée « irresponsable » par l’ensemble de l’Hémicycle, à l’exception du camp présidentiel.

Tous les éléments sont donc en place pour qu’à trois mois des élections européennes, ce débat vire en réalité à la confrontation entre la majorité et le Rassemblement national (RN), accusé de proximité avec Vladimir Poutine, et qui distance de 13 points (31 %) la liste Renaissance-MoDem-Horizons (18 %) dans l’enquête Ipsos parue lundi, en partenariat avec le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), l’Institut Montaigne, la Fondation Jean Jaurès et Le Monde.

« Pour le RN, face à la Russie, toutes les mollesses, toutes les faiblesses sont bonnes », a attaqué Gabriel Attal, samedi à Lille, à l’occasion du lancement de la campagne des européennes. Le premier ministre viendra défendre devant les députés l’accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février. « Le RN dit soutenir l’Ukraine, mais reprend les éléments de langage du Kremlin », a pour sa part accusé le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, dans La Tribune, dimanche.

Les députés RN hésitaient jusqu’à la veille du débat entre abstention ou vote contre. Ils se détermineraient « en fonction du discours de Gabriel Attal », avait expliqué le vice-président du parti d’extrême droite, Sébastien Chenu, dimanche sur France 3. « On a des lignes rouges qui nous empêcheraient probablement de voter » : « l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne » et « des troupes au sol », précisait-il. Le président du parti, Jordan Bardella, a invoqué ces mêmes lignes rouges, mardi sur France 2, en annonçant que « le RN s’abstiendra[it] ».

A gauche, le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a utilisé des termes similaires, dimanche, pour exposer sa position. « Quand on est appelé à se prononcer sur un texte, et que ce texte contient des questions aussi importantes que l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, ou l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN [l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord], ce sont des lignes rouges pour nous, et il n’est pas question que nous votions en faveur de ce texte », a déclaré, sur RTL, le député des Bouches-du-Rhône.

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