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Enseignement moral et civique : des doutes sur les promesses du « réarmement civique » à l’école

Le hasard des événements veut que Pap Ndiaye, alors ministre de l’éducation nationale, avait annoncé une réforme de l’enseignement moral et civique cinq jours avant la mort de Nahel M., tué le 27 juin 2023 par un policier à Nanterre, et les émeutes qu’elle a déclenchées. Depuis, cette refonte de l’enseignement moral et civique (EMC) est devenue la colonne vertébrale de la déclinaison éducative du « réarmement civique de la nation » voulu par Emmanuel Macron.

Le président de la République, qui déclarait fin août 2023 dans les colonnes du Point que « c’est à partir de [l’école] que nous rebâtirons la France », a réaffirmé début janvier que cet enseignement serait « refondé » et que son « volume horaire sera[it] doublé » de la 5e à la 3e, « avec, en appui, les grands textes fondateurs de la nation ». Celui qui estime que « c’est dans les salles de classe que se murmure la France et que s’apprennent nos valeurs » ambitionne ainsi de faire de l’EMC une « matière essentielle » pour « fabriquer les républicains de demain ».

Pour porter cette charge politique colossale, Gabriel Attal a confirmé, le 20 janvier, quelques jours après sa nomination à la tête du gouvernement, les transformations prévues pour septembre 2024 : enseigner l’EMC selon de nouveaux programmes, en faire une « matière à part entière », indépendante de l’histoire-géographie, à qui il est aujourd’hui accolé au collège, et y consacrer « une heure par semaine » entre la 5e et la 3e au lieu des trente minutes actuelles. Mais, alors que se prépare la rentrée 2024 dans les établissements, ces promesses répétées ne semblent pas suivies d’effets.

Toujours dans le cadre de l’histoire-géographie

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a publié, le 30 janvier, son projet de programme entièrement réécrit du CP à la terminale. Il est soumis à consultation jusqu’au 15 mars, puis sera amendé, avant publication prévue en juin.

« Nous avons travaillé à partir de la lettre de saisine rédigée par Pap Ndiaye, explique Mark Sherringham, le président du CSP. Il s’agissait d’insister sur les valeurs de la République et la laïcité, dans la continuité des précédents qui le faisaient déjà, mais aussi de mettre davantage en valeur l’éducation aux médias ainsi que l’écocitoyenneté et l’éducation au développement durable. »

Les Clionautes, une association réunissant des enseignants d’histoire-géographie, estime que « rien ne change fondamentalement », et s’en étonne au regard des « déclarations publiques tonitruantes sur l’incapacité des programmes à traiter les grands enjeux contemporains ».

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