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Epargne : euros qui comme Ulysse…

Les économies des Français ont voyagé ces derniers temps. Après des années de relative passivité, les épargnants ont procédé à des arbitrages massifs, en faveur, surtout, des livrets réglementés et des comptes à terme (ces derniers affichent 78 milliards de collecte nette en 2023, d’après les estimations de BPCE L’Observatoire !).

Du côté des grands perdants de cette réallocation de l’épargne figurent les comptes courants, qui ont fondu l’an dernier – les ménages ont saisi le coût de laisser « dormir » l’argent en temps d’inflation et de hausse de la rémunération de l’épargne. Mais aussi les fonds en euros de l’assurance-vie : jadis chouchous des Français, ces placements ont perdu près de 28 milliards en 2023, selon France Assurance.

Pour ces fonds en euros, le mouvement de décollecte avait toutefois démarré avant l’inflation et la hausse des taux directeurs, en raison de l’effritement de leur rendement et des politiques de désincitation à investir sur ces supports, menées par les assureurs eux-mêmes.

En graphiques | Article réservé à nos abonnés Livret A : une année 2023 riche en collecte… et en polémiques

Pour 2023, les rendements, égrenés par les compagnies depuis janvier, sont en hausse : une moyenne proche de 2,5 % brut est attendue, après 1,9 % en 2022. Assez pour convaincre les épargnants de rentrer au bercail ? L’heure du grand retour des fonds euros a-t-elle sonné ? Aucun rebond n’a en tout cas été enregistré en janvier, marqué par une nouvelle décollecte (2,3 milliards).

Faible lisibilité

De la même façon que le fonds euros a pu être enterré hâtivement ces dernières années, il est peut-être aujourd’hui déterré un peu trop vite. Le contexte financier lui est certes bien plus favorable, son rendement dépendant beaucoup de la rentabilité des obligations, qui a fortement crû. Et, bien sûr, le fonds en euros regorge d’attraits fiscaux, tant sur le plan de la succession que de l’impôt sur le revenu.

Mais quand il est comparé au Livret A et surtout aux comptes à terme, sa rentabilité souffre d’un défaut de lisibilité intrinsèque pour l’épargnant sur le point de placer son argent : ce n’est qu’après l’année de son investissement qu’il aura connaissance du rendement (le taux servi début 2024 l’est au titre de l’année 2023).

Inhérente au fonctionnement du fonds en euros, cette difficulté à estimer son gain est renforcée par les pratiques de ces nombreuses compagnies qui choisissent, a posteriori souvent, de mieux rémunérer tel fonds plus jeune, tel type de client acceptant en parallèle de prendre des risques avec son épargne, ou ayant placé davantage (les fameux bonus). Autre élément qui contribue à fixer le rendement : le niveau des réserves de la compagnie et la stratégie de l’assureur pour les gérer, éléments sur lesquels l’épargnant lambda a, là aussi, peu de visibilité.

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