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La CFDT s’attaque à la politique d’externalisation des magasins de Carrefour

La stratégie de Carrefour, qui vise à accroître le nombre de ses magasins exploités sous forme de location-gérance ou de franchise en France, est attaquée de toutes parts. Après la parution d’un livre, mi-septembre 2023, intitulé Carrefour, la grande arnaque (Editions du Rocher) et dans lequel Jérôme Coulombel, un ancien cadre reconverti en défenseur des franchisés, mettait en lumière la complexité des contrats qui lient les exploitants au groupe, c’est un syndicat qui porte, cette fois, le thème sur le devant de la scène.

La branche services de la CFDT a annoncé, lundi 11 mars, avoir assigné le géant de la distribution devant le tribunal judiciaire d’Evry, pour pratique abusive de la franchise et de la location-gérance. Le syndicat réclame 23 millions d’euros de dommages et intérêts et l’arrêt du transfert de magasins intégrés sous ces deux régimes d’exploitation.

Depuis l’arrivée d’Alexandre Bompard à la tête du groupe, en juillet 2017, Carrefour externalise la gestion de plusieurs dizaines de grandes surfaces (supermarchés et hypermarchés) par ce biais chaque année, ses magasins de proximité étant, pour l’essentiel, gérés sous le régime de la franchise.

Depuis 2018, « sept vagues successives de passages en location-gérance ont été mises en œuvre, portant sur 305 magasins, dont 80 hypermarchés, et 23 000 salariés », souligne la CFDT dans son assignation, rappelant que le groupe « exploite directement ou indirectement en France plus de 200 hypermarchés [plus exactement 243], 1 071 supermarchés sous l’enseigne Carrefour Market et 3 959 magasins de proximité ». Fin octobre 2023, Carrefour avait annoncé qu’en 2024, 16 hypermarchés et 21 supermarchés seraient concernés, soit au total près de 4 000 salariés.

« Conséquences sur les conditions de travail »

La CFDT considère que l’externalisation des points de vente a des conséquences sociales importantes. Le groupe, qui fonctionnait historiquement sur un modèle de magasins intégrés et employait environ 115 000 salariés en 2018, n’en comptabilise aujourd’hui qu’environ 85 000 en France, selon la CFDT. Or, ceux qui sont déjà sortis des effectifs du groupe – selon la loi, ils conservent pendant quinze mois le bénéfice des accords collectifs – se plaignent « des conséquences sur leurs conditions de travail, la majoration des heures travaillées le dimanche, leur rémunération… », explique Sylvain Macé, secrétaire national de la CFDT-Services. Le syndicat a calculé qu’en moyenne, les salariés y perdent 2 300 euros par an, notamment parce qu’ils ne perçoivent plus la participation aux bénéfices et à l’intéressement.

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