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Zhong Shanshan, l’homme le plus riche de Chine, attaqué par les ultranationalistes à cause du design d’une bouteille de thé vert

Zhong Shanshan, le fondateur de Nongfu Spring, à Pékin, en 2013.

Le patron du leader du marché de l’eau en bouteille en Chine, première fortune du pays, se trouve face à un barrage de critiques des internautes les plus virulents de l’empire du Milieu, preuve que personne n’est à l’abri de ce type de déferlante, qui touchait plutôt les groupes étrangers par le passé. Zhong Shanshan, fondateur de Nongfu Spring, et son entreprise sont assaillis en ligne pour un choix jugé malheureux de design d’une bouteille de thé vert glacé.

L’étiquette montre un bâtiment traditionnel d’Asie orientale, et certains nationalistes voient, notamment dans la teinte bleutée du toit, l’image d’un temple japonais. Ils fustigent cette référence à la culture d’un pays ennemi et la volonté de faire passer le produit pour étranger, alors que les patriotes devraient être fiers de consommer chinois – ce qu’ils font d’ailleurs de plus en plus, à mesure que les marques locales montent en gamme. Le groupe a eu beau expliquer que le dessin fait en réalité référence à des temples chinois, les plus durs ne veulent rien entendre.

Dans la province du Jiangsu, deux magasins de la chaîne 7-Eleven ont posé des affiches expliquant qu’ils ne distribueraient plus d’eau et autres produits Nongfu, malgré les messages du siège précisant qu’il ne soutenait nullement la démarche. Des internautes se sont filmés vidant des bouteilles Nongfu dans les toilettes.

A Shangaï, en avril 2010.

« Relations sino-américaines très instables »

Le débat dérive depuis sur la personne de Zhong Shanshan et sa famille, notamment son fils, Zhong Shuzi, qui serait citoyen des Etats-Unis. Sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, le commentateur Li Ji, avec ses 5,3 millions de followers, n’hésite pas à déclarer, lundi 11 mars : « S’il entend maintenir les intérêts de Nongfu Spring, je suggérerais à Zhong Shanshan de persuader son fils de renoncer à la nationalité américaine (…). Les relations sino-américaines sont très instables, avec de sérieux antagonismes idéologiques, et les Etats-Unis imposent de plus en plus de sanctions déraisonnables aux entreprises chinoises. »

Lire aussi (2022) : Article réservé à nos abonnés L’Occident, ennemi désigné de la Chine

Les entreprises étrangères visant le marché chinois vivent déjà dans la crainte d’être la cible de ce courroux populaire, comme l’ont été les hypermarchés Carrefour, en 2008, après le passage agité de la flamme olympique en France, en amont des Jeux olympiques d’été de Pékin.

Mais également l’enseigne d’habillement H&M, en 2021, pour avoir annoncé cesser de s’approvisionner en coton de la région du Xinjiang, où l’Organisation des Nations unies, les ONG internationales et la presse étrangère dénoncent l’internement en camps de rééducation et le travail forcé imposé à la minorité ouïgoure.

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