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Gaza : une vingtaine de personnes tuées dans des tirs lors d’une distribution d’aide humanitaire

Des Palestiniens récitent une prière devant le corps d’un membre de leur famille, à la morgue de l’hôpital Al-Shifa, à Gaza, le 15 mars 2024

Au moins 20 personnes ont été tuées dans la nuit par des tirs à un point de distribution d’aide dans le nord de la bande de Gaza, a annoncé tôt vendredi 15 mars le ministère de la santé du Hamas, qui accuse l’armée israélienne d’être à l’origine de cette attaque. De son côté, cette dernière affirme que des « Palestiniens armés » ont tiré sur la foule, rejetant ces accusations. Dans la nuit, l’armée avait déjà réfuté avoir tiré sur les Gazaouis venus chercher de l’aide alimentaire, mais sans détailler sa version des faits.

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« Les forces d’occupation israéliennes ont pris pour cible un rassemblement de citoyens attendant de l’aide humanitaire [à un rond-point dans la ville de Gaza]. Le bilan des victimes transportées à l’hôpital Al-Shifa a été revu à la hausse [et porté] à 20 morts et 155 blessés », a déclaré le ministère de la santé de la bande de Gaza, administrée par le Hamas.

Présent sur les lieux, le journaliste Mahmoud Essa, qui couvre la ville de Gaza, affirme que plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées au niveau du rond-point dit « koweïtien » dans le sud de la ville dans l’attente du passage de quelques camions humanitaires qui remontaient vers le nord du territoire depuis le sud de la bande.

Selon Mahmoud Essa, qui a filmé dans la nuit des images de corps ensanglantés évacués à la lueur de torches de téléphones portables, « des véhicules israéliens étaient postés à environ 300 mètres. Je n’ai vu aucun mouvement de la foule dans leur direction. Mais ils ont ouvert le feu à l’aide d’obus fumigènes puis à balles réelles : des tirs intenses, suivis de tirs d’obus ». Mahmoud Essa affirme également avoir constaté la présence d’hélicoptères et de petits drones quadricoptères qui ont attaqué la foule. Paniquées, de nombreuses personnes se sont mises à l’abri aux alentours et n’ont quitté la zone que le vendredi matin.

Des blessés par balle

En milieu de journée, des images tournées par le journaliste montraient des habitants collectant toujours des corps, transportés sur une charrette tirée par un cheval. A l’hôpital, un collaborateur de l’Agence France-Presse a également vu de nombreuses ambulances transporter des cadavres et des blessés par balle.

Selon l’armée israélienne, les forces de défense facilitaient « le passage d’un convoi de 31 camions d’aide humanitaire contenant de la nourriture et des fournitures » à destination des civils dans le nord de la bande de Gaza quand, environ une heure avant l’arrivée du convoi dans le couloir humanitaire, « des Palestiniens armés ont ouvert le feu ». « En outre, un certain nombre de civils gazaouis ont été écrasés par les camions », précise l’armée.

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Celle-ci dément avoir ouvert le feu sur les civils gazaouis et affirme qu’« un examen préliminaire approfondi mené pendant la nuit a révélé que les forces de défense d’Israël n’avaient pas ouvert le feu sur le convoi d’aide ». « Un examen de nos systèmes opérationnels et des forces de Tsahal sur le terrain a révélé qu’aucun tir de char, aucune frappe aérienne ou aucun tir d’arme à feu n’a été effectué en direction des civils gazaouis du convoi d’aide », ajoute-t-elle.

Crainte d’une famine généralisée

L’Organisation des Nations unies redoute une famine généralisée dans le territoire assiégé par Israël, notamment dans le Nord, difficilement accessible, où vivent actuellement environ 300 000 personnes.

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Face à l’urgence humanitaire, plusieurs pays ont décidé de diversifier les voies d’acheminement de l’aide à la population, en utilisant des parachutages ou un couloir maritime en provenance de Chypre avec d’ailleurs un premier navire, de l’ONG Open Arms, attendu dans les prochaines heures.

Fin février, plus d’une centaine de personnes avaient perdu la vie, selon le Hamas, dans une distribution d’aide alimentaire qui avait tourné au cauchemar dans le nord de la bande de Gaza où les forces israéliennes avaient reconnu avoir ouvert le feu sur des Palestiniens justifiant que ses soldats sur place s’estimaient alors « menacés ».

Le Monde avec AFP

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