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Polémique Aya Nakamura aux JO : le parquet de Paris ouvre une enquête après un signalement de publications racistes visant la chanteuse

Aya Nakamura à la présentation de la collection de prêt-à-porter féminin automne-hiver 2024-2025 de Schiaparelli, à Paris, le 29 février 2024.

Une enquête a été ouverte après un signalement de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) « dénonçant des publications à caractère raciste au préjudice d’Aya Nakamura », réceptionné le 13 mars, a confirmé, vendredi 15 mars, le parquet de Paris, sollicité par l’Agence Fance-Presse. L’enquête a été confiée au pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), a précisé le parquet.

La star franco-malienne de 28 ans, artiste francophone la plus écoutée dans le monde, est la cible d’attaques de l’extrême droite depuis plusieurs jours, notamment en ligne, alors que son nom circule de manière officieuse pour chanter à l’ouverture de la cérémonie des Jeux olympiques de Paris, le 26 juillet prochain, avec la possibilité qu’elle interprète une chanson d’Edith Piaf. Ni le président de la République ni l’artiste n’ont, pour l’heure, confirmé cette rumeur.

Le nom d’Aya Nakamura a été notamment hué le week-end passé lors d’un meeting du parti d’extrême droite Reconquête !, puis a été la cible d’une banderole raciste brandie par un groupuscule d’ultradroite baptisé les Natifs. Ce dernier a posté, samedi dernier, sur ses réseaux sociaux, une photo d’une banderole tendue par une dizaine de ses membres sur les bords de Seine, où l’on pouvait lire : « Y a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako ! » (l’expression « Y a pas moyen » renvoie à son hit Djadja, aux plus de 950 millions de vues sur YouTube).

Vendredi, l’association SOS-Racisme a annoncé à son tour saisir la justice, dénonçant des « vagues de haine raciste contre Aya Nakamura » et citant, en exemple, la diffusion de cette image en ligne. « Le but de cette banderole était d’affirmer qu’Aya Nakamura – pourtant artiste française – n’avait aucune légitimité à représenter la France, l’artiste étant renvoyée à des origines maliennes manifestement disqualifiantes aux yeux de l’extrême droite », affirme l’association.

Nombreux soutiens

La figure de l’extrême droite Marion Maréchal, tête de liste pour les élections européennes du parti d’Eric Zemmour, en a remis une couche mardi sur BFM-TV, déclarant : « On aime ou on n’aime pas, elle ne chante pas en français. » Les détracteurs d’Aya Nakamura raillent notamment les libertés qu’elle prend avec la langue française, comme dans Djadja, mêlant vocabulaire et images venues du monde entier (« J’suis pas ta catin, Djadja, genre, en catchana baby, tu dead ça »). Elle est toutefois la chanteuse francophone la plus écoutée dans le monde.

Face à ces attaques qualifiées de racistes par bon nombre, l’artiste a reçu de multiples soutiens de la part de pairs du monde de la musique et de plusieurs responsables politiques.

Dont celui de la ministre de la culture Rachida Dati, mardi, qui a mis en garde, contre les « prétextes pour s’attaquer à quelqu’un par pur racisme ». « S’attaquer à une artiste pour ce qu’elle est inacceptable, c’est un délit », a ajouté Mme Dati, après avoir été interpellée par un sénateur d’extrême droite lors d’une audition par la commission culture au Sénat [à 1 heure et 57 minutes sur la vidéo] sur l’éventuel choix de la chanteuse pour représenter la France pour l’événement.

Le metteur en scène Thomas Jolly, chargé de la cérémonie d’ouverture des JO, s’est lui aussi dit, sur ses réseaux sociaux, « profondément choqué par le racisme dont est victime Aya Nakamura ». Sans confirmer la participation de la chanteuse, il a promis que « les cérémonies s’élèveront contre toute forme de discrimination. La France, à travers une mosaïque de talents, célébrera la beauté et la richesse de sa diversité. » Aya Nakamura a de son côté remercié sa communauté mardi sur le réseau social X « pour le soutien » reçu.

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Découvrir

Aya Nakamura est l’une des figures du R’n’B en France et à l’étranger. Elle a sorti l’an passé son quatrième album, DNK. Elle a été sacrée artiste féminine aux Victoires de la musique 2024.

Le Monde avec AFP

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