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Emmanuel Macron et Olaf Scholz affichent leur « unité » à propos de l’Ukraine après des semaines de tensions

Le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le premier ministre polonais, Donald Tusk, à la fin d’une conférence de presse, vendredi 15 mars, à Berlin.

Olaf Scholz et Emmanuel Macron ont affiché leur « unité » vendredi à propos de l’aide à l’Ukraine, après des semaines de vives tensions sur la stratégie à adopter face à Moscou, lors d’un sommet à Berlin avec le premier ministre polonais, Donald Tusk.

« Aujourd’hui plus que jamais, notre unité fait notre force, et, surtout, nos trois Etats, l’Allemagne, la Pologne et la France, portent une responsabilité particulière », a déclaré le chancelier allemand. « Nous allons notamment acheter encore plus d’armes pour l’Ukraine, et ce sur l’ensemble du marché mondial », s’est-il félicité à l’issue de la réunion.

Les trois pays sont « unis, déterminés » et « résolus à ne jamais laisser gagner la Russie et à soutenir le peuple ukrainien jusqu’au bout », a déclaré en écho le président français. « Nous continuerons, comme nous l’avons fait depuis le premier jour, à ne jamais prendre l’initiative de quelque escalade », a-t-il ajouté devant la presse, comme pour rassurer ses alliés après ses propos qui avaient semé le trouble, à la fin de février, sur la possibilité d’envoyer à l’avenir des troupes en Ukraine.

La médiation de Donald Tusk a peut-être aidé à apaiser les tensions. Le premier ministre polonais, ex-président du Conseil européen, a balayé vendredi les « rumeurs malveillantes » sur les désaccords. Les trois dirigeants, qui se réunissent sous un format connu sous le nom de « triangle de Weimar », se retrouveront lors d’un sommet européen à Bruxelles les 21 et 22 mars. Puis en Pologne au début de l’été, a annoncé Donald Tusk.

Une phase d’échanges acerbes

Cette rencontre devait clore une phase d’échanges acerbes qui ont suivi la conférence de soutien à l’Ukraine organisée à Paris le 26 février, fragilisant le message d’unité des Occidentaux face à Moscou. Olaf Scholz a catégoriquement rejeté l’éventualité d’envoyer des militaires sur le sol ukrainien.

Les dissonances étaient montées d’un cran la semaine dernière quand Emmanuel Macron avait estimé à Prague que l’Europe entrait dans un moment « où il conviendra de ne pas être lâches ». Et le président français a encore insisté jeudi soir, juste avant son déplacement à Berlin, en affirmant que ceux qui posent « des limites » à l’engagement pour soutenir l’Ukraine « ne font pas le choix de la paix mais font le choix de la défaite ».

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Le dirigeant allemand, qui craint l’escalade du conflit, est critiqué par plusieurs de ses alliés et au sein même de sa majorité pour son refus de livrer des missiles à longue portée Taurus, car leur réglage nécessiterait, selon lui, l’intervention de militaires allemands.

Geste symbolique ? Vendredi, c’est lui qui a confirmé la mise en place d’une « nouvelle coalition de capacités pour l’artillerie à longue portée » en faveur de Kiev, déjà évoquée à Paris à la fin de février par le président français.

Querelle sur fond d’élections européennes

La querelle au sein du couple franco-allemand tombait mal, au moment où les forces russes progressent dans l’est de l’Ukraine, en raison notamment de l’essoufflement de l’aide occidentale à Kiev.

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Olaf Scholz ne cesse de répéter que l’Allemagne est le plus grand contributeur européen en valeur absolue d’aides financières et militaires à Kiev, loin devant la France. Et il appelle régulièrement certains alliés européens à en faire plus, visant aussi indirectement Paris.

L’approche des élections européennes interfère dans la stratégie des deux dirigeants, attentifs à leurs opinions publiques, jugent les observateurs.

Olaf Scholz, en chute libre dans les sondages, subit des pressions au sein de son parti social-démocrate, très attaché à sa tradition pacifiste. Une majorité d’Allemands, selon un récent sondage, est par ailleurs opposée à la livraison de missiles Taurus. Le camp d’Emmanuel Macron axe sa campagne pour les européennes sur le soutien à l’Ukraine, accusant l’extrême droite, favorite du scrutin, de positions pro-Kremlin.

Le Monde avec AFP

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