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Guerre Israël-Hamas, jour 163 : « Nous ne pouvons pas rester là sans rien faire », dit Olaf Scholz, à Jérusalem, à propos de la situation dans la bande de Gaza

Dans un camps de réfugiés de la bande de Gaza, à Rafah, le 17 mars 2024.

Alors que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a assuré, dimanche 17 mars, que le million et demi de Palestiniens massés à Rafah seraient évacués avant toute opération militaire contre cette ville du sud de la bande de Gaza, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a appelé, depuis Jérusalem, à un « accord sur les otages et à un cessez-le-feu durable ».

Ces dernières vingt-quatre heures, plus de 90 Palestiniens, parmi lesquels douze membres d’une même famille, ont été tués dans des raids aériens israéliens qui ont touché plusieurs secteurs de la bande de Gaza, dont Rafah, selon le ministère de la santé du mouvement islamiste palestinien Hamas.

La « pression internationale » n’empêchera pas une offensive à Rafah, selon Benyamin Nétanyahou

Benyamin Nétanyahou, a averti, dimanche, que la « pression internationale » n’empêcherait pas Israël de lancer une offensive à Rafah, ville du sud de la bande de Gaza où se massent près de 1,5 million de Palestiniens, selon les Nations unies (ONU). « Nous agirons à Rafah, cela prendra quelques semaines mais cela aura lieu », a-t-il ajouté, regrettant qu’« au sein de la communauté internationale, certains tentent d’arrêter la guerre maintenant, avant que tous les objectifs aient été atteints ».

Par ailleurs, M. Nétanyahou a assuré, dimanche à Jérusalem, devant le chancelier allemand, Olaf Scholz, qu’Israël ne lancerait pas d’opération militaire à Rafah tant que la population serait « enfermée sur place ». Il a également fait savoir qu’il n’accepterait pas une paix rendant Israël « faible » vis-à-vis de ses voisins du Proche-Orient, alors qu’une éventuelle trêve dans la bande de Gaza est actuellement négociée après plus de cinq mois de guerre.

« Nous ne pouvons pas avoir de paix avec le Hamas, il doit être éliminé », a déclaré M. Nétanyahou, qualifiant le mouvement islamiste palestinien d’« organisation génocidaire ».

Olaf Scholz sur Gaza : « Nous ne pouvons pas rester là sans rien faire »

De son côté, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a appelé, dimanche à Jérusalem, à un « accord sur les otages et à un cessez-le-feu durable » dans la bande de Gaza, disant comprendre les familles des otages qui, après plus de cinq mois de guerre, « disent que le temps est venu pour un accord ». Cet appel intervient alors qu’Israël doit envoyer prochainement une délégation à Doha, au Qatar, pour négocier avec les médiateurs internationaux et le Hamas un accord sur une trêve et un échange d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, après des semaines de discussions sans résultats.

Tout en réitérant « le ferme soutien » de l’Allemagne à Israël et « le droit d’Israël à se défendre », M. Scholz a fait savoir qu’il avait « exprimé ses inquiétudes » à M. Nétanyahou sur le nombre « extrêmement élevé » de victimes civiles et le déroulement de la guerre. « Nous ne pouvons pas rester là sans rien faire et regarder les Palestiniens risquer la famine », a dit le chancelier, en appelant à une augmentation « urgente et massive » de l’entrée d’aide humanitaire à Gaza. Il a également répété le soutien de Berlin à une solution à deux Etats dans la perspective de l’après-guerre.

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Vendredi, après l’annonce de l’approbation par M. Nétanyahou des « plans d’action » de l’armée en vue d’une offensive à Rafah, le ministère des affaires étrangères allemand avait déclaré qu’une telle offensive « ne [pouvait] être justifiée ». « Plus d’un million de personnes s’y sont réfugiées et n’ont nulle part où aller. Il faut un cessez-le-feu maintenant », avait ajouté la diplomatie allemande.

L’armée israélienne annonce une opération sur l’hôpital Al-Shifa de Gaza

L’armée israélienne a annoncé mener une opération sur l’hôpital al-Shifa, dans la ville de Gaza, dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche à lundi, tandis que des témoins sur place ont confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) entendre des bombardements. Les soldats « mènent en ce moment une opération ciblée dans la zone de l’hôpital al-Shifa », détaille le communiqué. « L’opération repose sur des informations indiquant l’utilisation de l’hôpital par des terroristes haut gradés du Hamas. »

Sur place, des témoins ont confirmé à l’AFP « des opérations aériennes » sur le quartier d’al-Rimal où se trouve l’hôpital, le plus grand de la bande de Gaza, dans lequel seraient tombés des « éclats d’obus ». Des habitants de ce quartier central de la ville de Gaza ont affirmé que « plus de 45 chars et véhicules blindés de transport de troupes israéliens » étaient entrés dans al-Rimal. Certains rapportent également « des combats » autour de l’hôpital.

L’armée israélienne s’adresse par hauts-parleurs aux habitants en leur demandant de rester chez eux alors que des « drones tirent sur les personnes dans les rues près de l’hôpital », selon des témoins sur place interrogés par l’AFP.

Des dizaines de morts dans des frappes israéliennes, selon le Hamas

Selon le Hamas, plus de soixante Palestiniens ont péri dans des frappes israéliennes menées dans la bande de Gaza dans la nuit de samedi à dimanche. Parmi eux, douze membres de la famille Thabet, dont l’habitation a été touchée à l’aube par les bombes dans le quartier Bichara à Deir Al-Balah, dans le centre. Dans les heures qui ont suivi, le ministère de la santé de la bande de Gaza, administrée par le Hamas, a publié un nouveau bilan : 31 553 morts depuis le 7 octobre 2023. Samedi, trente-six membres d’une même famille avaient été tués dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre, toujours d’après la même source.

Les raids ont été intenses à Deir Al-Balah, dans la ville de Gaza, dans le Nord, et dans les villes de Khan Younès et Rafah, dans le Sud, d’après des témoins. Des combats acharnés ont opposé soldats israéliens et combattants palestiniens à Khan Younès et à Gaza.

Israël va instaurer une Journée du souvenir pour « la catastrophe » du 7 octobre 2023

Le gouvernement israélien a décidé, dimanche, de mettre en place une Journée nationale du souvenir pour marquer chaque année « la catastrophe » de l’attaque commise le 7 octobre 2023 par le Hamas dans le sud du pays, a fait savoir dans un communiqué le bureau du premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Une cérémonie se tiendra « chaque année à 11 heures pour les soldats tombés dans la guerre et une autre à 13 heures à la mémoire des civils assassinés » le 7 octobre, précise le communiqué.

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Ce jour-là, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas venus de Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d’Israël, durant laquelle au moins 1 160 personnes ont été tuées, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP qui s’appuie sur des sources officielles.

Dimanche soir, l’armée israélienne a annoncé qu’un soldat, compté comme un des otages emmenés dans la bande de Gaza le 7 octobre 2023 après l’attaque menée par le Hamas en Israël, avait été tué ce jour-là. L’armée indique dans un communiqué que le capitaine Daniel Perez, 22 ans, a été tué le 7 octobre et que « son corps est aux mains d’une organisation terroriste ».

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Le Monde avec AFP

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