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La cause palestinienne, la stratégie électorale à double tranchant de La France insoumise

La juriste franco-palestinienne Rima Hassan, en septième position sur la liste LFI pour les européennes du 9 juin, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 16 mars 2024.

C’est une longue et totale minute de silence que la juriste franco-palestinienne Rima Hassan fait régner, samedi 16 mars, dans un hall du Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis) où La France insoumise (LFI) tient son premier meeting pour les élections européennes. « Les Palestiniens exigent une chose, d’avoir ce que vous avez tous, une carte d’identité et une nationalité », lance à la salle celle qui figure en septième position sur la liste du mouvement pour le scrutin du 9 juin.

Si cette position est désormais assumée comme une « fierté » par les cadres « insoumis », la coloration propalestinienne donnée à la liste n’avait rien d’évident au départ. En décembre 2023, quand le nom de Rima Hassan circule en interne après sa rencontre avec Jean-Luc Mélenchon, l’hypothèse de la voir candidater sous les couleurs de LFI semble déjà compromise. Selon la rumeur qui circule, le coordinateur Manuel Bompard pense que le mouvement a déjà fait la preuve de son engagement pour la Palestine.

Cela fait trois mois que la direction subit de vives critiques de la part de ses adversaires politiques pour avoir refusé de qualifier le Hamas de groupe « terroriste », à la suite de son attaque contre Israël le 7 octobre 2023. De la part de ses partenaires de gauche aussi, puisque la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a trouvé une raison, sur ce point, de voler en éclats.

Et puis, entend-on alors, Rima Hassan, figure des droits des Palestiniens, ne défend pas la solution à deux Etats, un point bloquant à l’époque. Quelques jours avant la finalisation de la liste, qui sera dévoilée le 6 mars et qui est menée par Manon Aubry, cette dernière se rend compte que l’hypothèse est en réalité loin d’être enterrée.

De fait il est trop tard, l’arrivée est déjà actée. Ce choix conforte en tout cas la volonté de LFI de se positionner comme fer de lance de la défense des Palestiniens, aux côtés des associations. Et ce d’autant plus que le Parti communiste français (PCF), tendance Fabien Roussel, n’est plus aussi assidu qu’autrefois à leur côté.

Au PCF, une « volonté de démarcation »

« Ceux qui sont là tout le temps, c’est LFI. Ils sont nombreux, et constants, investis », relève Anne Tuaillon, présidente de l’Association France-Palestine Solidarité, longtemps proche du PCF. Lors de la dernière manifestation à l’appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, le 9 mars, les « insoumis », signataires de l’appel, étaient en tête. Le PCF, lui, non signataire, s’est retrouvé à la fin du cortège.

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