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Après la colère des agriculteurs, l’Etat et les collectivités se renvoient les factures des dégâts

Des agriculteurs bloquent l’autoroute A64, près de Carbonne (Haute-Garonne), le 26 janvier 2024.

Après le temps de la colère, des manifestations et des barrages vient celui des évaluations des dégâts. Et des factures à régler, ou pas. Quelques semaines après la crise agricole, qui s’est manifestée par des multitudes d’actions dans tout le pays, essentiellement sur les autoroutes – mode d’action assez inédit –, qui va payer la note, parfois salée ?

Le point de départ de ce mouvement se situe à Toulouse, le 16 janvier. Ce jour-là, 1 000 manifestants et environ 400 tracteurs défilent dans les rues, déchargent du fumier en centre-ville ou sur la rocade. Le lendemain, la municipalité porte plainte contre X. Elle évalue les dégâts et les frais de nettoyages à 90 000 euros, selon le maire, Jean-Luc Moudenc (divers droite). Deux mois après, elle est bien la seule collectivité importante à avoir saisi la justice. Préfectures, communes, départements et Etat se renvoient la balle pour savoir qui va payer les factures, qui s’élèveraient à plusieurs millions d’euros.

A Agen, le maire, Jean Dionis du Séjour (MoDem), après plusieurs journées d’action des troupes de la Coordination rurale, a rapidement passé l’éponge. « Nous paierons les dégâts, qui se montent à plus de 400 000 euros, avec l’aide de l’Etat », affirmait-il dès la fin du mois de janvier.

La situation n’est pas la même à Auch, où de nouvelles actions se sont déroulées le 21 février. « La ville est toujours en discussion avec l’Etat pour déterminer la répartition du coût », indique le service de communication. Le montant cumulé des dégâts depuis la fin janvier atteindrait plusieurs centaines de milliers d’euros. Qui va payer l’addition ? Christian Laprébende, le maire socialiste d’Auch, ne cache pas son agacement et répond « ne pas savoir ». Même réponse du préfet du Gers, Laurent Carrié. « Je ne sais pas qui paie ! On s’occupe de beaucoup de choses, mais le nettoyage de la voie publique n’est pas de la compétence de l’Etat », affirme-t-il, dans un article paru le 12 mars dans La Dépêche du Midi.

« Les départements en rien responsables »

Même cas de figure dans le département de la Haute-Vienne et à Troyes, dans l’Aube. François Baroin, maire (Les Républicains) de Troyes et ancien ministre de l’économie, estimait début février, dans L’Est éclair, que « la facture tourne entre 300 000 et 400 000 euros. Le mieux, c’est que l’Etat prenne la facture à sa charge, à travers un fonds à sa disposition », insistant sur la clémence du ministre de l’intérieur envers les manifestants : « Puisque l’Etat laisse faire, qu’il assume la facture jusqu’au bout. » Le socialiste Stéphane Destruhaut, vice-président de la Haute-Vienne, est du même avis : « Nous considérons que les départements en général ne sont en rien responsables de la cause de ce conflit et, donc, pour nous, il serait logique que les frais soient engagés par l’Etat », déclarait-il sur RMC, début février.

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