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A Angers, les défenseurs de l’environnement dénoncent les contradictions de Christophe Béchu

Le ministre français de la transition écologique, Christophe Bechu, à l’Elysée, le 6 mars 2024.

« L’abattage de la honte ! » Depuis lundi 18 mars au matin, les écologistes angevins inondent les réseaux sociaux avec des photos de bûcherons en action et invectivent l’ancien maire d’Angers et actuel ministre de la transition écologique, Christophe Béchu. Les arbres tronçonnés sont situés dans la cour d’une caserne de pompiers située face au château des ducs d’Anjou, édifié au XIIIe siècle. C’est là que la ville entend bâtir un parking en silo de 300 places pour absorber une partie des flux de véhicules.

L’ire des défenseurs de l’environnement vient moins de l’atteinte au cœur historique de la ville que de la place dévolue à la voiture. « Aujourd’hui, vous abattez huit ormes du Japon, vieux de plusieurs décennies, pour loger des voitures. Vous choisissez de vous attaquer aux poumons de la ville plutôt qu’à ce qui les asphyxie. Vous choisissez de vous entêter sur un projet dépassé au lieu d’écouter les alertes des riverains, des associations environnementales, des archéologues et experts patrimoniaux », écrivent, dans une lettre ouverte au ministre, Elsa Richard et Yves Aurégan, conseillers municipaux Europe Ecologie-Les Verts.

La fédération France Nature Environnement n’est pas en reste qui, par la voix de Florence Denier-Pasquier, son administratrice, domiciliée en Anjou, tance l’ancien maire. « On a eu des belles promesses lancées il y a trois ans lors des assises de la transition écologique, mais les réalités sont brutales », écrit-elle sur le réseau social X.

« Caricature »

Les opposants de M. Béchu, remontés depuis l’origine contre ce projet qui va effacer une partie de cette ancienne académie royale d’équitation, notent de surcroît qu’il entraînera la destruction de 90 appartements dans une ville où l’on peine à se loger. Le successeur du ministre, Jean-Marc Verchère (MoDem), n’a pas remis ce programme en question.

Dans leur lettre ouverte, les opposants demandent au ministre de « faire preuve de cohérence » en appliquant à Angers ce qu’il a annoncé en ouverture de la COP régionale des Pays de la Loire, vendredi 15 mars. A savoir « l’urgente nécessité de lutter contre les changements climatiques, notamment dans le secteur des transports, et de nous adapter en préservant les arbres et les écosystèmes ».

Face à cette polémique locale, le promoteur des îlots de fraîcheur en ville mandate son entourage pour répondre à ceux qui l’accusent. « Remettre en cause l’engagement écologique de Christophe Béchu à Angers, c’est faire preuve de caricature, il faut regarder la réalité locale », répondent ses proches collaborateurs, qui citent pêle-mêle la création de deux lignes de tramway, le lancement des assises de la transition écologique en 2020 ou le développement des infrastructures cyclables.

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