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« Chemsex » : trois enquêtes ouvertes sur quatre overdoses, dont deux mortelles, à Bordeaux

Le parquet de Bordeaux a annoncé, mercredi 20 mars, avoir ouvert trois enquêtes distinctes sur quatre overdoses, dont deux mortelles, subies à la mi-mars à plusieurs jours d’intervalle par des hommes pratiquant le « chemsex ». Une première enquête a été ouverte pour homicide involontaire à la suite de la découverte, le 12 mars, des corps de deux hommes morts « manifestement d’overdoses » dans leur appartement.

Selon le parquet, qui exclut l’intervention d’un tiers et attend les résultats des « analyses toxicologiques et anatomopathologiques », les deux victimes, en relation depuis trois ans, étaient des consommateurs de stupéfiants « de type GHB et 3-MMC ».

Basé sur le mot anglais « chemicals » (« produits chimiques », en français), le terme « chemsex » désigne le fait de consommer des produits psychotropes dans le but d’intensifier et de prolonger les rapports sexuels. Le GHB et la 3-MMC sont des drogues de synthèse, souvent prisées dans le « chemsex » pour décupler le plaisir sexuel, l’excitation ou l’endurance.

Enquête pour trafic de stupéfiants et blessures involontaires

Un homme a été hospitalisé quelques jours après avoir eu un malaise survenu à son domicile à la suite de la consommation de 3-MMC, de kétamine et de « poppers » avec deux autres hommes, a ajouté le parquet, qui a ouvert une enquête pour trafic de stupéfiants et blessures involontaires.

Dans une troisième procédure, un homme « adepte de chemsex » a été renvoyé devant le tribunal à la fin d’avril pour importation, acquisition, transport et cession de stupéfiants (3-MMC, cocaïne, ecstasy et MDMA), a poursuivi le parquet.

Le suspect, âgé d’une quarantaine d’années, avait été découvert seul et inconscient à son domicile, le 15 mars, par une personne employée pour le ménage, avant d’être hospitalisé, puis interpellé à sa sortie de l’hôpital. Devant les enquêteurs, il a reconnu « organiser des soirées » « chemsex » et y « vendre des stupéfiants depuis 2021 ». « Aucun lien n’a pu être fait entre ces trois procédures », toutes confiées à la division de la criminalité territoriale, a précisé le parquet de Bordeaux, dans son communiqué.

Le « chemsex » est apparu dans les années 2000 et la pratique a été favorisée ces dernières années par les applications de rencontres comme Grindr, pour des « sexparties » sur un temps long. Outre les risques d’overdose ou liés à l’injection de stupéfiants, cette pratique peut entraîner une fatigue intense, avec des effets de déprime, d’anxiété et de paranoïa chez ses adeptes les plus assidus.

Le Monde avec AFP

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