Close

A la commission d’enquête sur la TNT, haussements de ton et crispations

Le vice-président de NJJ Médias, Maxime Lombardini, et le président d’Iliad, Xavier Niel, devant la commission d’enquête du Parlement sur l’attribution, le contenu et le contrôle des autorisations des services nationaux de télévision sur la TNT, à l’Assemblée nationale, le 21 mars 2024.

« Vous mettez en cause ma compétence ? Je serais l’objet d’un contrat entre deux hommes pour exercer ma fonction ? Je n’accepte pas ça, ça va trop loin ! » On ne claque pas la porte d’une commission d’enquête parlementaire. Un instant pourtant, jeudi 21 mars en fin d’après-midi, on a cru que l’audition de Rachida Dati par les députés de la commission sur les attributions de fréquences de la TNT allait tourner court.

Dès la première question du rapporteur Aurélien Saintoul (La France insoumise, LFI, Hauts-de-Seine), la température a monté d’un cran. Que sait la ministre de la culture des raisons de l’éviction de sa prédécesseure ? « C’est une question curieuse », s’est immédiatement méfiée Rachida Dati. Il y a un peu plus d’un an, Rima Abdul Malak s’était vu violemment accusée de faire pression sur l’Autorité de régulation audiovisuelle et numérique (Arcom) pour que celle-ci y regarde à deux fois avant de donner à C8 et CNews de nouvelles autorisations de diffusion. Sa circonspection envers les chaînes de Vivendi, à travers le groupe Canal+, a pu, dit-on, lui coûter son poste.

« Quelle décision politique que Rima Abdul Malak n’aurait pas prise », et que Rachida Dati prendrait, expliquerait ce changement de ministre ?, a glissé l’élu, plus précis dans son interrogation mais encore trop elliptique. « Je n’irai pas là où vous voulez en venir », s’est de nouveau rebiffée la ministre.

Aurélien Saintoul, lui, tenait vraiment à « y » aller, quitte à emprunter le chemin le plus accidenté, pavé d’insinuations sibyllines sur sa nomination (qui aurait pu être arrangée entre Emmanuel Macron et Vincent Bolloré), et d’allusions à des interviews données par Rachida Dati au Journal du dimanche, à Europe 1 et CNews. Ne parvenant à rien d’autre qu’une situation de blocage, le député s’est momentanément fait retirer le micro par le président de la commission, Quentin Bataillon (Renaissance, Loire), très fâché de ce « climat négatif » et de cette « crispation commune » provoqués par son collègue.

Entre les deux députés, les antagonismes se font de plus en plus aigus. Aurélien Saintoul n’a de cesse de traquer les dommages que causerait Vincent Bolloré sur l’espace médiatique et démocratique par le biais de CNews et de C8, quand Quentin Bataillon met tout en œuvre pour voir « Vincent Bolloré [son nom et son ombre] quitter cette salle ».

« L’indépendance ne se décrète pas, elle se prouve »

Quand le député Saintoul a repris ses questions, en fin de séance, les chicaneries avec la ministre ont vaguement recommencé, un peu vaines, donnant le sentiment que la commission d’enquête commence à tourner en rond. Ainsi les convoqués abordent-ils désormais leurs auditions avec le souci principal d’éteindre les accusations ou les doutes semés par leurs prédécesseurs dans la salle.

Il vous reste 38.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top