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Rachida Dati souhaite « réformer » le Pass culture

Rachida Dati, lors de sa première audition devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, le 19 mars 2024.

Depuis sa généralisation en mai 2021, c’est la première fois qu’un ministre de la culture émet des critiques sur le fonctionnement du Pass culture. « J’ai des réserves sur sa pratique. Je souhaite réformer ce passe pour qu’il ne soit pas au service de la reproduction sociale – j’ai la conviction profonde que c’est ce qu’il est aujourd’hui –, mais au service de la démocratisation culturelle », a expliqué Rachida Dati, mardi 19 mars, lors de sa première audition devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

Selon la ministre, cette plate-forme numérique, projet prioritaire de la politique culturelle d’Emmanuel Macron, qui permet à tous les jeunes âgés de 18 ans de disposer d’une enveloppe de 300 euros pour accéder aux activités culturelles de leur choix, « ne remplit pas tout à fait son rôle. Elle reproduit souvent les inégalités culturelles et sociales, que ce soit en termes d’accès à la culture ou de diversification des pratiques ».

Déjà, le 12 mars, devant la commission de la culture du Sénat, Rachida Dati avait indiqué son souhait de « revoir l’éditorialisation de cette application », pour « mieux présenter les spectacles » et « lever les inhibitions sociales pour ne pas dire mentales ». A ses yeux, le passe ne permet pas, pour l’heure, de « lutter contre le sentiment du “ce n’est pas pour moi” ». Pour appuyer son propos, la ministre a cité en exemple, devant les députés et devant les sénateurs, le témoignage d’un jeune de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), diffusé le 17 février sur France Culture dans l’émission « Sous les radars ». Walid raconte : « Un jour, avec des potes, on est allés voir une pièce de théâtre. On était les seuls Maghrébins et Noirs dans la salle. Ça nous a grave refroidis, cette expérience. On s’est dit “plus jamais”, parce que c’est traumatisant. » Bien qu’il ne dise pas s’y être rendu grâce au Pass culture, cet exemple illustrerait, selon Rachida Dati, la nécessité d’améliorer la « médiation », en associant les « acteurs de l’éducation populaire ».

Outil de consommation

Alors que le budget du Pass culture a été épargné par les annulations de crédits décidées par Bercy fin février, tout se passe comme si la ministre entendait montrer qu’elle s’active afin que l’enveloppe importante dévolue à ce dispositif (251 millions d’euros en 2024) soit mieux utilisée pour atteindre ses objectifs de démocratisation culturelle. Et ce, aussi bien sur sa part individuelle (300 euros à 18 ans) que collective (200 euros de la 6e à la terminale permettant aux professeurs de financer des sorties et activités culturelles).

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