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Entre la France et le Brésil, une entente retrouvée

Emmanuel Macron reçoit le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, à l’Elysée, le 23 juin 2023.

Le geste est suffisamment rare pour être souligné. Emmanuel Macron, qui doit débuter, mardi 26 mars, une visite d’Etat de trois jours au Brésil, devrait être reçu à Belem, capitale de l’Etat du Para, en Amazonie, par Luiz Inacio Lula da Silva en personne. Malgré ses 78 ans, le président de gauche n’a pas hésité à effectuer ce long trajet de 1 600 kilomètres pour recevoir personnellement son hôte. Un signe de l’importance accordée à cette venue et du réchauffement des relations entre les deux pays.

Il faut remonter à 2016 et au mandat de François Hollande, soit huit longues années, pour retrouver la trace d’une visite d’un président français au Brésil (et même à 2013 pour une visite d’Etat). Une éclipse due pour l’essentiel au mandat tumultueux de Jair Bolsonaro (2019-2023), qui n’avait pas hésité à insulter copieusement Emmanuel Macron et son épouse lors d’une crise diplomatique sans précédent, en 2019, sur fond d’incendies en Amazonie.

Pour Emmanuel Macron, il s’agit de prendre pied en Amérique latine, une zone largement délaissée par la diplomatie française depuis son arrivée au pouvoir, mais aussi d’afficher sa proximité avec Lula. Les deux hommes se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises et sont régulièrement assis côte à côte lors d’événements internationaux, pour cause d’ordre alphabétique. Ce fut le cas lors du couronnement de Charles III en mai 2023. Les deux présidents échangèrent alors poignée de main, tape dans le dos et éclats de rire.

Emmanuel Macron n’a eu de cesse de courtiser son homologue brésilien. Dès novembre 2021, il recevait en grande pompe à l’Elysée, avec tapis rouge et garde républicaine, un Lula qui n’était encore qu’un simple candidat à la présidentielle. Le chef de l’Etat fut l’un des premiers à le féliciter pour sa victoire électorale le 30 octobre 2022 face à l’extrême droite de Jair Bolsonaro. Lula fut aussi l’une des vedettes du sommet de Paris pour un nouveau pacte financier mondial, en juin 2023.

« Des francs-tireurs »

En apparence, les deux hommes sont pourtant aux antipodes. Quoi de commun entre le glabre banquier de 46 ans et l’ouvrier métallo barbu de 78 ans ? Le Français fut élu président dès sa première tentative, en 2017, profitant de l’effondrement des clivages traditionnels. Le Brésilien dut s’y reprendre à quatre fois pour l’emporter, après avoir fondé et consolidé la plus grande formation de gauche de l’Amérique latine, le Parti des travailleurs (PT).

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Mais en réalité, « Macron et Lula ont beaucoup plus en commun que ce qu’on pourrait imaginer, remarque Rubens Ricupero, 87 ans, l’un des diplomates les plus expérimentés du Brésil et ancien ministre de l’économie. Ce sont tous les deux des francs-tireurs, qui en diplomatie aiment adopter des positions provocatrices et parfois radicales. » En témoignent les déclarations du président français sur le conflit en Ukraine et sa récente suggestion d’envoi de troupes en soutien à Kiev ; ou celles de Lula sur la guerre à Gaza, qu’il a récemment comparée à la Shoah.

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