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« Etats généraux de l’immigration » organisés par le RN : quand Jordan Bardella prétend s’inspirer du RPR

Discours de Jordan Bardella lors du meeting de lancement de la campagne du Rassemblement national pour les élections européennes, à Marseille, le 3 mars 2024.

Fut un temps où le Front national – FN, devenu Rassemblement national (RN) – se déchirait entre les murs de la Maison de la chimie, à Paris. En juin 1997, Jean-Marie Le Pen fustigeait, rue Saint-Dominique, ceux qui dans ses rangs rêvaient d’ententes électorales avec le Rassemblement pour la République (RPR) de Jacques Chirac : « On ne s’allie pas avec des forces qui sont en décomposition, on attend d’en ramasser les débris. »

Vingt-sept ans plus tard, la salle qui jouxte l’Assemblée nationale sera témoin de la grossière récupération par le parti d’extrême droite de l’héritage de la formation gaulliste. Jordan Bardella, tête de liste du RN et grand favori des prochaines élections européennes, y organise mardi 26 mars ses « états généraux de l’immigration » en collaboration avec le « RPR » ; soit une marque tombée en désuétude et rachetée en 2022 par le député RN des Bouches-du-Rhône Franck Allisio.

Derrière la coorganisation artificielle de l’événement – le « RPR » n’étant à ce jour qu’une coquille idéologique vide –, le RN se pose en successeur naturel de l’ancien parti de droite. Surtout, il prétend s’inscrire dans les pas d’un événement organisé les 31 mars et 1er avril 1990 à Villepinte (Seine-Saint-Denis) par le parti de Jacques Chirac : les « états généraux de l’opposition ».

Deux petites tables rondes

« Le programme du RPR dans les années 1990, à l’époque où le RPR était vraiment de droite, est aujourd’hui le programme du Rassemblement national, en tout cas sur la question de la sécurité et de l’immigration », a affirmé Jordan Bardella à l’annonce de son propre colloque, assurant que le RN ne faisait que reprendre les conclusions auxquelles était parvenu le RPR à l’issue de leurs états généraux. « Le constat établi en 1990 à Villepinte était musclé, mais juste, insiste Franck Allisio. La droite a calé entre-temps, sous la pression de la technostructure, de l’Europe et des médias. On va reprendre le travail tel qu’il avait été arrêté, mais pour l’appliquer. »

Sur la forme comme sur le fond, les états généraux de Jordan Bardella risquent pourtant de souffrir la comparaison avec leurs lointains prédécesseurs. Deux petites tables rondes sont annoncées par le RN, consacrées aux « constats » puis aux « solutions » face à la « submersion migratoire ». Le tout introduit par Franck Allisio et conclu par Jordan Bardella, ayant pour seule ambition d’égrainer les promesses défendues en la matière depuis des années par Marine Le Pen. Les organisateurs eux-mêmes prévoient qu’aucun ajout programmatique ne résultera de la réunion.

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