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Le Conseil d’orientation des retraites entre dans une zone de turbulences

Un avis de vent fort est lancé pour le Conseil d’orientation des retraites (COR). Au sein de cette instance, chargée d’éclairer les décideurs publics et la population, des désaccords viennent d’apparaître entre son président, l’économiste Gilbert Cette, et plusieurs membres représentant des syndicats. La querelle porte sur un projet de méthodologie nouvelle pour construire le prochain rapport annuel, dont la publication est programmée en juin. Ce changement d’approche, qui doit être présenté jeudi 4 avril, tournerait le dos aux principes d’indépendance et de pluralisme, sur lesquels le COR repose, et viserait à préparer le terrain à une réforme douloureuse, selon plusieurs organisations de salariés.

Le COR est un lieu d’expertise dans lequel siègent des personnalités aux profils divers : parlementaires, hauts fonctionnaires, chercheurs, militants patronaux et syndicaux, etc. Une fois par an, il remet un rapport très attendu, faisant l’objet de commentaires nourris, car l’un de ses buts est d’apprécier la situation financière de notre système par répartition, pour le demi-siècle à venir.

La qualité de ce document est unanimement saluée, mais avec des bémols, qui se sont fait entendre avec de plus en plus d’insistance au cours des dernières années, dans la bouche de certains spécialistes, de personnalités politiques et de responsables de mouvements d’employeurs. A leurs yeux, les rapports du COR seraient trop touffus et permettraient de tenir tous les discours sur l’état réel des comptes de nos régimes de pension : « Il n’y a pas péril en la demeure » ou, à l’inverse, « le système va droit dans le mur ».

Résultats dissemblables

De telles critiques tiennent au fait que l’une des missions de cette institution est d’offrir un grand nombre de données, aux gouvernements comme aux citoyens, sans formuler de recommandation – car cela n’entre pas dans ses attributions. Mû par la volonté de fournir beaucoup d’informations, le COR construisait, jusqu’à une date très récente, des projections financières sur trois conventions comptables, aboutissant à des résultats dissemblables sur l’ampleur des déficits et sur le temps nécessaire pour les combler. Pour simplifier la lecture, il fut décidé de conserver une seule convention, dans le corps du rapport, et d’en garder une autre dans les annexes.

Mais ces choix n’ont pas éteint toutes les réserves. D’autant moins que Pierre-Louis Bras, à l’époque où il présidait le COR, s’est vu reprocher par l’exécutif d’alimenter la confusion en affirmant que « les dépenses de retraite ne dérapent pas ». Sa déclaration, faite au début de 2023, a irrité le gouvernement, au moment de conduire une réforme justifiée par la volonté de préserver les équilibres budgétaires de notre système par répartition. Quelques mois après, M. Bras a été limogé et M. Cette l’a remplacé, au début de novembre 2023.

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