Close

Quel type de commentateur politique êtes-vous sur les réseaux sociaux ?

En France, 90 % de la population a désormais accès à Internet. Plusieurs travaux de sciences sociales montrent que, après une première « fracture numérique » entre les individus ayant un accès aisé à Internet et les autres, une « fracture de deuxième génération » s’est constituée autour des usages, liée au niveau de compétences nécessaire pour naviguer sur Internet. Ces deux fractures, si elles ne se sont pas résorbées, se sont assez largement réduites en l’espace de quelques années. Mais il en va tout autrement pour l’expression sur les espaces numériques, où les variations sont prononcées, en fonction de la classe sociale, du genre et de l’âge, selon des principes assez proches de ceux en vigueur dans le « monde réel ».

C’est particulièrement le cas lorsqu’on s’intéresse à ceux qui commentent l’actualité politique sur les réseaux sociaux. L’enseignant-chercheur en science politique Julien Boyadjian s’est ainsi penché en 2016 dans la revue Politiques de communication sur les « tweetos politiques », ces utilisateurs du réseau social désormais baptisé « X », qui consacrent tout ou partie de leur activité numérique au commentaire politique.

Dans cet article, le chercheur s’appuie sur une enquête combinant une approche quantitative fondée sur un questionnaire administré à un panel d’un peu plus de 600 répondants (et analysé en regard d’un panel de contrôle, composé de non-répondants, d’un volume équivalent) et une approche qualitative consistant en une analyse de contenu de comptes Twitter et d’entretiens semi-directifs avec des usagers.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés De Twitter à X : le long épilogue d’une histoire chaotique

L’enquête par questionnaire montre que les individus qui publient des messages politiques sur Twitter forment une population assez homogène, au sein de laquelle sont nettement surreprésentés les hommes, diplômés du supérieur, parisiens, cadres, votants assidus voire militants : autant de caractéristiques sociales qui facilitent un sentiment de légitimité à parler de politique publiquement, en ligne comme dans le monde réel. La majorité est composée d’électeurs de gauche – c’est peut-être cette dimension qui a le plus évolué depuis 2016, plusieurs analyses soulignant une droitisation de ce réseau social au cours des dernières années.

Quatre idéaux types

Le volant qualitatif de l’enquête fait apparaître des pratiques plus diverses. Julien Boyadjian établit, pour rendre compte de cette hétérogénéité, quatre idéaux types. Cette démarche de typologie est courante en sciences sociales : il ne s’agit pas de strictement « ranger » les individus dans un type ou un autre. Les comptes analysés et les tweetos interrogés ne correspondent ainsi jamais exactement aux types établis, mais ceux-ci permettent d’éclairer l’organisation, et parfois la polarisation, du monde social.

Il vous reste 29.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top