Close

Philippe Bas, sénateur LR : « Le défi pour la droite est d’élargir l’espace qui lui revient entre macronisme et marinisme »

A quelques mois des élections européennes, décisives pour l’Europe et la France, la droite républicaine a la chance d’avoir un candidat qui aura déjà fortement défendu les intérêts de notre pays à Strasbourg et à Bruxelles. C’est justement ainsi, en démontrant ce qu’elle seule peut apporter aux Français, que la droite républicaine pourra retrouver sa place.

Aujourd’hui, le défi pour la droite est d’élargir l’espace qui lui revient entre macronisme et marinisme. Comment n’être ni les supplétifs des premiers ni les fourriers des seconds ? Comment retrouver la dynamique et le leadership d’une grande force de gouvernement ? Quelle est désormais la valeur ajoutée de la droite, son originalité ? Pour quelles raisons les Français s’intéresseraient-ils de nouveau à ses propositions ? Comment leur faire clairement percevoir ses profondes différences avec les deux partis hégémoniques d’aujourd’hui, le Rassemblement national et Renaissance ? Où va la droite qui se revendique comme républicaine ?

Sauf à de très rares moments, cette droite à laquelle j’appartiens n’a jamais gouverné que par l’union de la droite et du centre, plus ou moins large, toujours nécessaire. De Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy : tous l’ont cultivée malgré les difficultés. Cette union demeure incontournable. Elle est naturelle, car à des degrés différents nous sommes tous pour la liberté, l’ordre, l’économie de marché, la rigueur financière, la simplification, la confiance, la baisse des prélèvements obligatoires, la laïcité, la maîtrise des flux migratoires, la décentralisation, l’Europe, l’indépendance nationale, le développement durable conciliant écologie et économie, le libre-échange organisé, la solidarité envers les plus vulnérables, le dialogue social, la sauvegarde du système de santé, la réforme de l’éducation nationale, la promotion de la valeur travail, la relance de l’énergie nucléaire…

C’est pourquoi Jacques Chirac avait fait toute leur place aux centristes lors de la constitution de l’UMP [Union pour un mouvement populaire] en 2002. Ce regroupement, dont la majorité sénatoriale assume aujourd’hui l’héritage, était préférable à la situation actuelle où les formations du centre ont rejoint une liste Renaissance.

Retour aux fondamentaux

La nécessité politique de l’union pour redevenir une force de gouvernement protège aussi la droite contre la tentation de se jeter dans un mariage des contraires avec les héritiers d’une droite contre-révolutionnaire qui a fait tant de mal à la France au cours de l’histoire, singulièrement lors de la « révolution nationale » mise en œuvre sous la protection de l’occupant nazi. Les recettes de cette autre droite, contestataire, réactionnaire, démagogue, autoritaire, intolérante, sont celles de l’appauvrissement, du désordre, du repli et de l’isolement de la France. Lui céder conduirait au naufrage. Pas seulement celui de la droite : celui de la France et celui de l’Europe, au pire moment de la crise avec la Russie !

Il vous reste 57.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Comments
scroll to top