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« Les jeunes femmes sont de plus en plus progressistes, tandis que les hommes du même âge penchent du côté conservateur »

La guerre des générations n’est pas celle que l’on croit. Elle n’a pas lieu entre les plus de 50 ans étiquetés « boomeurs » et les moins de 25 ans, mais au sein de la jeunesse elle-même, entre les deux sexes. Une série d’études et d’enquêtes publiées dans la presse anglo-saxonne ont ausculté ce déroutant phénomène.

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On pourrait le résumer ainsi : les filles sont de plus en plus progressistes, tandis que les garçons du même âge penchent de plus en plus du côté conservateur. Un sondage de l’institut Gallup dévoilé par le Financial Times, le 26 janvier, révèle ainsi que les Américaines de 18 à 30 ans sont de 30 points plus libérales (au sens américain, c’est-à-dire de gauche) que leurs homologues masculins. Il y a six ans, cet écart tant culturel que politique n’existait pas. Il est de 30 points également en Allemagne et de 25 points au Royaume-Uni, il n’a pas d’équivalent chez les plus âgés et n’est pas propre aux Occidentaux : il est tout aussi prégnant en Corée du Sud, en Chine ou en Tunisie, souligne le quotidien, analysant une série de données sur le sujet. Partout, un fossé potentiellement dramatique se creuse entre les jeunes femmes et les jeunes hommes.

Il est en partie le fruit, sans doute, de #metoo. Ce mouvement n’a pas seulement libéré la parole féminine à l’égard du harcèlement, il a légitimé le sentiment d’injustice éprouvé par celles qui n’hésitent plus à l’exprimer. S’ajoute à cela la fracture éducationnelle. Les positions progressistes tendent à augmenter avec les années d’études. Or, les Européennes de 25 à 34 ans sont désormais plus diplômées du supérieur que les Européens du même âge : 46 % contre 35 %, selon Eurostat.

En dépit de ces progrès, les inégalités entre les sexes restent pourtant fortes. En 2022, le salaire moyen des Françaises était de 23,5 % inférieur à celui des Français. La responsabilité de 80 % des familles monoparentales dans notre pays incombe aux mères ; 20 % des femmes – et 34 % lorsqu’elles ont des enfants – tombent dans la pauvreté au moment du divorce, contre 8 % des hommes, montre une étude publiée par la Fondation des femmes, le 14 mars. Les retraites des femmes sont 28 % plus basses que celles des hommes, et même 40 %, si l’on exclut les pensions de réversion.

Jeunes hommes en colère

Cela n’empêche pas le « backlash », le « retour de bâton » émanant de certains hommes à l’égard de l’émancipation des femmes. En témoigne l’essor des mouvements masculinistes, prônant une conception viriliste du monde et du couple. Pis, ce fossé de valeurs entre les jeunes a déjà des conséquences palpables dans l’arène politique.

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